Résumé
Cette étude démontre que dans la pensée sacerdotale égyptienne considérée sous le prisme étique par Plutarque, le dieu Typhon-Seth fusionne en un continuum absolu le désordre de la nature et la déchéance morale. Le philosophe synthétise cette vision en la déployant en trois volets qui lient les animaux venimeux, dangereux ou stupides, les végétaux toxiques et les passions humaines néfastes (vices), tous définis comme des objets d’emprise directe du dieu. Du point de vue émique des théologiens, cette pensée postule qu’un crime moral ou une déviance sexuelle relèvent d’une perturbation d’essence cosmique de même ordre. La fureur, la cruauté ou la stérilité (qui justifie l’interdiction des eunuques à l’Abaton de Philae) découleraient de la même force brute séthienne qui dessèche les sycomores sacrés, tarit les sources, libère le venin des serpents, fait surgir le sel de la mer ou le salpêtre de la terre, se traduit par la médiocrité des qualités des simples. L’étude, en déconstruisant de façon sur-étique le regard étique de Plutarque, restitue un système interconnecté où les vices de l’homme et les désordres causés par des hôtes de l’environnement sont les manifestations indissociables d’une seule et même essence chaotique. Toutefois, l’analyse de Plutarque témoigne d’un réductionnisme étique qui, loin de traduire la richesse théologique du dieu Seth, finit par fossiliser une sur-systématisation d’époque romaine employée à des fins politiques et morales, laquelle permet de déshumaniser Cléopâtre en l’associant à de déplaisants monstres du Nil.
[…] je renonce à tout cela pour m’examiner moi-même : ne serais-je point, par hasard, un monstre plus compliqué et plus gonflé de fureur que Typhon…
Platon, Phèdre, 230a (trad. Léon Robin).
Le titre de cette étude est inspiré d’une citation de Plutarque (46-120 EC), empruntée à son Isis et Osiris, une œuvre magistrale rédigée au soir de sa vie. L’auteur y a cherché la voie d’une philosophie religieuse égypto-grecque à laquelle Zlatko Pleše a donné le nom de « médioplatonisme orientaliste1 ». Quoique mentionnant parmi les sources de son livre Eudoxe de Cnide (468-305 AEC)2 et Manéthon de Sebennytos 3, l’auteur — il est raisonnable de le penser — s’est sans doute inspiré, même s’il ne le mentionne pas explicitement, de Chérémon d’Alexandrie4. Ce philosophe stoïcien, évoluant dans le même cercle que Sénèque — ils sont tous les deux assignés comme professeurs auprès du jeune Néron —, est de surcroît un connaisseur exceptionnel du monde sacerdotal égyptien et de la culture religieuse des rives du Nil au Ier siècle de notre ère. Il signe une Histoire égyptienne dont ne subsiste qu’un ensemble de fragments ainsi que des Hieroglyphica dont on a un écho unique reproduit jusque dans une scholie de l’Iliade due à l’érudit byzantin Jean Tzétzès (1110‑1180 EC)5.
Le contexte dont est extraite la citation est le chap. 50, 371 c-d (p. 212, éd. Froidefond). Dans celui-ci, l’auteur béotien expose le principe d’un système antagoniste et plus ou moins bipolaire. « Plus ou moins », car soumis à un déséquilibre des forces qui s’opposent. L’écrivain postule, sous couvert d’étymologies allégoriques6, que, selon les Égyptiens, la connaissance et la science d’Isis civilisatrice permettent de contrecarrer l’ignorance et l’illusion inhérents à l’action du fumeux Typhon7. L’art de retrouver ce que dissimule Typhon se découvrirait selon lui par le truchement de l’étymologie « allégorique », — c’est-à-dire à caractère énigmatique (chap. 41, 367b ; p. 205, éd. Froidefond)8. De nature solaire, Typhon s’avère une force d’oppression maléfique vis-à-vis d’Osiris lunaire, force bénéfique9. Bien que cette opposition soit tenue ensuite pour une superstition (chap. 51-52, 372a et 372e ; p. 213, éd. Froidefond), le caractère de ce dernier est inscrit dans les éléments de son nom écrit à l’aide d’un œil (
) et d’un sceptre (
) (chap. 51, 371e ; p. 212, éd. Froidefond), une graphie tardive bien connue du nom d’Osiris10, qui connote la ville de naissance du dieu : Thèbes (
, Wȝs.t). Dans cette démonstration, Plutarque recourt à de vrais comme à de faux etyma égyptiens11, en rappelant que les mythes locaux, dans la « Geste d’Horus » d’Edfou et sur la base d’une intertextualité de topographie cultuelle, reposent déjà sur des pseudo-étymologies, énoncées par Thot et validées par Rê-Harakhtès (cf. infra, § 4.3)12.
Dans un autre ordre d’idées, qui recoupe le précédent, Plutarque pose le principe d’une opposition pérenne entre Osiris-Nil et Isis-Terre, d’une part, et Typhon-Mer13, d’autre part, pour décrire le rythme annuel de la vallée du Nil présenté comme un affrontement de forces titanesques : dans une union allégorique, le Nil serein et pur (Osiris) et la Terre féconde (Isis) contrecarrent l’action de la mer (Typhon) rugissante et saline14.
Par le biais de cette phrase dense, mais ne dévoilant qu’une partie d’un tableau plus général, Plutarque envisage alors comment les Égyptiens discernent par quels moyens un dieu peut étendre son emprise délétère sur les mondes divin et humain. Il faut, en effet, être conscient que ce médioplatonisme orientaliste n’offre qu’un aperçu de la pensée égyptienne, car, du plus grand au plus petit — à en croire les vestiges des monographies de nomes —, les clergés donnent du cosmos, de l’environnement immédiat (animal, végétal et minéral), une vision universaliste et complexe15.
Cadre méthodologique. – Aborder le texte en question, dans un contexte hybride, impose de démêler une superposition complexe de filtres culturels et épistémologiques, qu’il convient de formaliser en recourant au rapport conceptuel emic/etic (1954) créé pour la linguistique par Kenneth Pike (1912-2000), mais applicable à l’anthropologie culturelle16. Si on adapte ce principe, les prêtres indigènes opèrent à un niveau de la pensée, dit « émique » (emic) qui consiste à considérer le monde selon leurs propres catégories culturelles. Plutarque, quant à lui, jette sur eux un regard « étique » (etic) : il traduit et reconstruit cette réalité religieuse du Nil à travers des prismes philosophiques et allégoriques du médioplatonisme grec. En tant que chercheurs contemporains, notre posture, en regardant en surplomb, devient alors sur-étique : nous analysons de l’extérieur la pensée de Plutarque qui s’appliquait lui-même à analyser de l’extérieur un univers sacerdotal indigène, selon un principe de poupées russes. C’est en déconstruisant ce regard plutarquéen pour se détacher de sa subjectivité que l’on peut tenter, en identifiant cet emboîtement de perspectives, d’approcher le noyau d’une théologie séthienne.
1. La traduction
Compte tenu que Plutarque choisit de transposer la pensée égyptienne en mode grec17, j’ai opté pour la traduction suivante18 :
πάντα καὶ ζῷα καὶ φυτὰ καὶ πάθη τὰ φαῦλα καὶ βλαβερὰ Τυφῶνος ἔργα καὶ μέρη <καὶ> κινήματα ποιούμενοι
Les Égyptiens considèrent tous les animaux, les végétaux et les passions, nuisibles et dommageables, comme des créations (a), des objets d’emprise (b) et des manifestations (c) de Typhon.
Notes. – (a) τὰ ἔργα sens premier « les actions » → sens second les créations – (b) τὰ μέρη sens premier « les parts » → sens second le lot, le domaine, le terrain, l’emprise – (c) τὰ κινήματα sens premier « les mouvements » → sens second les manifestations.
Par ce parallélisme, Plutarque expose en quoi réside le pouvoir de nuisance de Typhon. Le premier segment de la phrase place sur le même plan un ensemble hétérogène d’animaux, de plantes et de passions, considérés comme nuisibles et dommageables. Parce que, de façon sous-entendue, les premiers sont dangereux, agressifs, cruels ou venimeux ; — les deuxièmes vénéneux ou toxiques ; — les troisièmes (les passions néfastes) formées des vices. Le second segment, lui, témoigne de ceci : ces trois éléments, quelle que soit la nature de leur nocivité, sont tour à tour des vecteurs, des objets d’emprise et des manifestations, c’est-à-dire des intermédiaires du dieu Typhon, que Plutarque assimile au Seth des Égyptiens19. On les retrouvera, dans un ordre logique, dans la proposition de modélisation fournie par le tableau I ci-dessous :

Tableau I : Tentative de modélisation de la phrase de Plutarque

Fig. 1. – S. Aufrère, L’univers minéral dans la pensée égyptienne, I, p. 308. (Dessin : Leïla Menassa.)
Il faut avoir présent à l’esprit que ceux que Plutarque nomme les « Égyptiens » sont les prêtres indigènes. Les premiers considèrent l’action de Typhon par le truchement de deux règnes et de comportements humains qui sont recouverts, dans leur propre langage, par la notion de ḏwt, « vice, abjection »20. En revenant sur les filtres culturels et épistémologiques, il faut avoir à l’esprit que l’hétérogénéité de cette conception saute aux yeux, qui suppose de faire avec les textes égyptiens un pacte de lecture invitant à analyser les opérations mentales des seconds sous l’angle émique, en admettant comme principe qu’il n’existe pas de système de classification21 générale égyptienne à la façon de celle d’Aristote pour les Grecs22 — laquelle influe sur sa propre philosophie —, mais une hiérarchisation significative des êtres vivants comme y invite à le penser l’étude de Dimitri Meeks23, une hiérarchie qui offre des convergences, dans un cadre plus étendu, avec le classement des scalae copto-arabes24.
Le poids des traditions locales s’y ressent. Ainsi, l’apport des végétaux et des minéraux lors du remplissage de l’Œil Oudjat conduit à noter une interdépendance sympathique des premiers vis-à-vis des seconds25, tandis que la diversité de la création s’observe dans la fameuse représentation dont les prêtres thébains contemporains du règne de Ptolémée (VII) Évergète II, ont revêtu les murs de la chapelle de l’obélisque unique de Karnak (celui qui se dresse aujourd’hui devant la basilique du Latran, à Rome26) où les dieux, les diverses classes d’êtres humains, les animaux, les arbres, les végétaux et les minéraux (ces deux derniers formant d’ailleurs un tandem étrange, comme s’ils relevaient du même paradigme) rendent hommage au dieu Amon-Rê (fig. 1)27. On comprend aisément cette corrélation par suite de l’influence des luminaires sur la croissance des végétaux28, influence également attestée, mais de façon moins marquée, sur les métaux et les minéraux extraits des mines29. En admettant qu’il existe des métaux précieux, des métalloïdes, des minéraux synonymes du bien et symboles de lumière, attachés à des divinités prestigieuses et spécialisées, les Égyptiens voient dans d’autres l’œuvre néfaste de Typhon-Seth quoique Plutarque soit plus flou et moins disert à leur sujet (cf. infra, § 4.6). Pourtant, même si on ne peut pas parler de système, le principe de cette croyance remonte aux plus hautes époques.
2. Le contexte de la citation
Avant d’en venir au contexte de la citation de Plutarque, il faut rappeler que, dès le Prédynastique, se met en place un rapport d’antagonisme entre différentes espèces animales30. Dans ce tableau naturaliste figurent d’une part, des animaux symboles de pouvoir et de domination, principalement le faucon (dès Nagada II), le taureau (dès Nagada I) et le lion — j’y ajouterais, quoique à une échelle différente, deux autres animaux : le silure31 et le scorpion32 — qui représentent tour à tour la prévoyance33, l’intelligence, la force, la rapidité, le foudroiement, le courage, la détermination. Il y figure, d’autre part, des animaux chassés, assimilés au chaos34.
2.1. Outils d’analyse sémantique
Cela étant dit, la phrase ici étudiée introduit le chap. 50, 371c, lequel recourt à une structure bien balancée. Celle-ci corrobore le sens de celle-là :
Διὸ καὶ τῶν μὲν ἡμέρων ζῴων ἀπονέμουσιν αὐτῷ τὸ ἀμαθέστατον, ὄνον· τῶν
δ´ ἀγρίων τὰ θηριωδέστατα, κροκόδειλον καὶ τὸν ποτάμιον ἵππον.
C’est aussi pourquoi les Égyptiens lui consacrent celui qu’ils considèrent comme le plus stupide des animaux domestiques — l’âne —, et les deux animaux sauvages les plus féroces, à savoir le crocodile et l’hippopotame.
Ainsi, les Égyptiens consacrent à Typhon-Seth, d’une part, le plus stupide (τὸ ἀμαθέστατον) des animaux domestiques (sing. ἥμερος), et, d’autre part, les deux animaux sauvages (sing. ἄγριος : non domestiqué, sauvage)35 les plus féroces (τὰ θηριωδέστατα).
En premier lieu, Plutarque, en recourant au rapport ἥμερος / ἄγριος, propose une relation simplifiée eu égard à la richesse lexicographique du grec36 : ce sont deux classèmes antagonistes ainsi définis par Arnaud Zucker :
L’adjectif ἥμερος [hèmeros] (+ 2000), dont l’étymologie reste mystérieuse, caractérise des êtres ou des réalités naturelles qui ne sont plus dans leur état primitif mais ont été adaptés aux besoins humains et intégrés dans le système économique et social de l’homme37.
L’adjectif ἄγριος [agrios] (+ 3300) appartient à une famille de mots largement répandus dans les langues indo-européennes et dont le substantif de référence en grec est ἀγρός. Il s’applique donc initialement à tout ce qui est du domaine de la “campagne” et s’oppose aux terres cultivées (ἄρουρα) et aux lieux habités par l’homme (πόλις)38.
En second lieu, le philosophe considère Typhon-Seth sous le prisme respectif du plus stupide des animaux domestiques et de la plus grande férocité de deux espèces sauvages spécialement mises en relief. Le premier superlatif, τὸ ἀμαθέστατον, est décliné à partir de ἀμαθής, qui signifie « inculte, ignorant, stupide, rustre » ; le second superlatif, τὰ θηριωδέστατα, se compose à partir de θηριώδης au sens de « violent et cruel en termes de caractère, féroce, bestial, monstrueux, énorme ».
Voilà donc trois animaux séthiens paradigmatiques qui permettent de caractériser des traits de caractère, de tempérament ou d’instinct. Ce que veut dire Plutarque c’est que l’un et l’autre de ces superlatifs sont inhérents à l’éthologie propre des trois espèces, expressions privilégiées de Typhon-Seth. On voit qu’il ne faut pas s’en tenir au caractère réducteur des termes grecs équivalents à stupidité et férocité, du moins au regard du grec, puisque les Égyptiens cernaient les caractères de chacune de ces trois espèces à l’aide de nuages sémantiques plus ou moins vastes mais signifiants.
Ces trois espèces ne sont cependant pas les seules à être animées par Typhon-Seth. Jamais à court d’arguments, Plutarque, pour expliquer les « haines » animales interspécifiques ayant débouché sur des guerres entre riverains de nomes différents39, ajoute cette explication (chap. 73 : « ces animaux ont reçu une part de l’âme de Typhon lui-même » (εἰς ταῦτα τὰ ζῷα τὴν Τυφῶνος αὐτοῦ διῃρῆσθαι ψυχὴν αἰνίττεσθαι δόξειεν), car « tout instinct (φύσις)40 irraisonnable et bestial relève de l’emprise de ce mauvais démon » (πᾶσα φύσις ἄλογος καὶ θηριώδης τῆς τοῦ κακοῦ δαίμονος γέγονε μοίρας)41). En ne considérant que le règne animal sous ses aspects domestiqué et apprivoisé, il confirme ce qu’il dit dans la phrase analysée dans ce texte (élément 1, Tableau I). Il admet ainsi à mots couverts que les choses ne sont pas aussi tranchées qu’il voudrait nous le faire croire et il y reviendra (cf. § 2.3).
2.2. La citation complémentaire de Plutarque
Dès lors, il importe de compléter l’approche dispersée dans l’œuvre de Plutarque par la remarque qu’il attribue, dans le Banquet des sept sages (chap. 5, 150f, éd. Babbitt, 1928 Loeb), à l’un des protagonistes, un Naucratite répondant au nom de Niloxène (Νειλόξενος)42. Alors que les symposiastes, engageant un duel culturel, évoquent les meilleurs matériaux pour fabriquer les auloï — sortes de hautbois (instruments à anches et non des flûtes) —, celui-là souligne le paradoxe suivant :
(Καὶ ὁ Νειλόξενος :) « ἀμέλει ταῦτ´, » ἔφη, « καὶ ἡμῖν τοῖς Ναυκρατίταις ἐγκαλοῦσι Βουσιρῖται· χρώμεθα γὰρ ἤδη τοῖς ὀνείοις εἰς τὸν αὐλόν. ἐκείνοις δὲ καὶ σάλπιγγος ἀκούειν ἀθέμιτον, ὡς ὄνῳ φθεγγομένης ὅμοιον. ὄνον δ´ ὑπ´ Αἰγυπτίων ἴστε δήπου διὰ Τυφῶνα προπηλακιζόμενον. »
Voici précisément, dit Niloxène, ce que les habitants de Busiris nous reprochent à nous, Naucratites, à savoir que nous recourons couramment aux os d’ânes pour (fabriquer) l’aulos, tandis que chez eux, il est plutôt illicite d’écouter une trompette parce qu’elle produit un son semblable au braiement d’un âne. Or vous savez que l’âne, à cause de Typhon, fait l’objet des outrages de la part des Égyptiens.
Une première chose est à relever : l’utilisation du canon postérieur des ânes pour la fabrication d’auloï est bien attestée43. La deuxième est que « Niloxène » est le nom d’un Grec fictif dont la forme, « L’Hôte-du-Nil », est éloquente44, puisqu’elle connote son statut d’étranger. Si c’est un Grec, c’est un philosophe qui a la confiance d’Amasis, roi égyptien hellénisé. Niloxène lui sert d’ailleurs d’ambassadeur auprès de Bias de Priène, dit le plus sage d’entre les Grecs. Dans les dialogues du Banquet, le Naucratite sert de véhicule à la pensée indigène, car les Grecs préfèrent n’évoquer celle-ci que par le discours d’un des leurs qui leur est intelligible. La troisième est que celui-ci évoque devant les autres philosophes symposiastes un paradoxe étonnant entre un interdit caractéristique de Busiris (ville égyptienne dévolue à Osiris, ennemi de Typhon-Seth) et des usages observés à Naucratis (cité grecque d’Égypte). Ce paradoxe repose sur un rapport bancal : celui du cri de l’âne que rappelle le son de la trompette (qu’il serait illicite d’écouter) et la matière – le canon arrière des ânes – employée pour la confection de l’aulos grec (en précisant que cet instrument est lié à des contextes dionysiaques et participe à la transe45). En d’autres termes Niloxène dénonce en creux le reproche fait par les Busirites au sujet de l’emploi, chez les Naucratites, d’un matériel considéré comme typhonien pour fabriquer un autre instrument à vent, puisque, dès lors, le son produit par l’aulos revêtirait aux yeux de ceux-là une connotation séthienne. D’ailleurs, c’est un instrument qui aurait pu ne pas être politiquement correct à Athènes46.
3. Les trois espèces typhono-séthiennes de Plutarque
Passons aux trois espèces animales typhono-séthiennes évoquées par Plutarque qui montrent que les Égyptiens essentialisent ainsi le mal par leur entremise.
3.1. L’âne
L’âne est l’une des facettes d’un être stupide, coléreux, furieux, déraisonnable, excessif, fruste, lubrique, fornicateur opportuniste, pédéraste, adultérin, violeur, infécond, incarnant le désordre et la confusion47, l’ignorance et l’illusion (cf. prologue), etc. Son nom en soi peut être « séthiaquement » connoté par son déterminatif (XVIIIe dynastie :
). Ce concentré de vices et de défauts fait bonne mesure avec l’idée d’aire désertique, de stérilité48, de tempête et de salinité. Les cas sont multiples dans la littérature religieuse où, du seul fait de sa seule stupidité, Seth (ou des formes apparentées à celui-ci) pâtit des excès auxquels le conduit sa propre sottise49, ou parce que sa lubricité qui le mène à commettre un inceste homosexuel le stigmatise devant les dieux eux-mêmes, ce qui est le cas, d’après le Papyrus Jumilhac, sous la forme de son alter ego Bébon50.
3.1.1. L’âne gris domestique versus l’âne roux sauvage
Pour autant, un âne peut en cacher un autre. Selon Plutarque, l’âne51 est qualifié par les Égyptiens de plus stupide (τὸ ἀμαθέστατον) des animaux domestiques. Cette réputation de stupidité vaut au baudet les injures des textes classiques52, puisqu’il est considéré comme l’antithèse même de l’être doué de raison53. Cela dit, celui du philosophe est ramené à un seul type en dépit de différences spécifiques asinesques marquées. Car s’il évoque d’une façon ambiguë le grison domestique (Equus asinus L., 1758)54, le modèle égyptien de référence (domestiqué dès le Ve millénaire dans la vallée du Nil) n’est autre que son ancêtre : l’âne sauvage roux d’Afrique (Equus asinus africanus Heuglin et Fitzinger, 1866)55 dont quelques spécimens survivent encore aujourd’hui au sud de l’Égypte, au Soudan et dans la Corne de l’Afrique. Ce détail est significatif. Il s’agit d’une espèce adaptée à des conditions désertiques extrêmes, à la différence de l’âne domestique, son lointain avatar. Mais l’instinct de conservation de celle-là est faible dans la mesure où ses spécimens se montrent incapables de prendre de décision rapide, à la différence d’autres animaux du désert qui savent se mettre à distance respectable en cas de danger : il fait figure d’idiot du village, d’où une menace pour la survie même de l’espèce.
3.1.2. Une idée remontant au Néolithique
Plutarque a précédemment consacré à l’âne deux chapitres dont le paradigme se rapporte bien à l’âne sauvage56. On se souvient qu’au cours des jours caniculaires, entre le 1er et le 5 Thot, l’Égypte devient un terrain d’affrontement climatique entre les forces du Bien (Osiris) et les forces du Mal (Seth). — C’est l’expression même du complot57. — La sécheresse est accentuée par les vents méridionaux provoqués par la reine mythique d’Éthiopie, Asô, complice de Seth58. Sur la base d’un commentaire tiré d’un ouvrage attribué à Manéthôn de Sebennytos — Au sujet de l’archaïsme et de la piété (Péri archaïsmou kai eusébeias)59 —, l’auteur prétend que, pour amoindrir les effets de celui-ci, on brûlait vifs des hommes roux à Eileithyaspolis (Elkab)60, voire des animaux typhoniens61, c’est-à-dire les espèces du désert qui se fondent par mimétisme dans le paysage, et qui sont l’expression même de ces étendues inhospitalières. Un rituel de massacre des ânes sauvages62 est déjà attesté dans le désert de l’est (affluents des Ouâdi Hammamât, Barramiya et Shaïl)63, d’après l’étude de Dirk Huyge (1957-2018)64, et notamment une scène où 55 ânes sauvages sont abattus dans le désert d’Elkab, sur le rocher dit « des Vautours »65, à l’époque prédynastique. L’animal connote déjà une force néfaste dont on cherche à conjurer les effets par sympathie, en lui infligeant des souffrances ou la mort. En sorte qu’il serait raisonnable d’admettre que le souvenir de son sacrifice se serait perpétué de façon symbolique dans les temples ptolémaïques66 et ce jusqu’à l’époque romaine67.

Fig. 2. – Le Roc des vautours à Elkab. D. Huyge, « Detecting magic in Rock Art », p. 297, fig. 1 bas.
3.1.3. La mise à mort du dangereux Seth onocéphale
Pour cette raison, plusieurs exemples univoques associent l’âne et l’homme roux comme le Seth onocéphale massacré dans les chapelles osiriennes de Dendara, un autre venant d’Edfou, les mains entravées derrière le dos, comme le hiéroglyphe de l’âne le dos planté d’un couteau68, ou comme le décor du cintre de la fameuse stèle magique du Musée Kestner de Hanovre (inv. 1935.200.445) (fig. 2) où, derrière Sekhmet, « maîtresse du billot » (ḥr.t nm.t)69, Seth onocéphale est représenté comme un être humain pourvu d’une tête d’âne, enchaîné à un pieu, les bras liés dans le dos, apparaissant en superposition de la silhouette d’un billot (cf. signe-mot
nm.t) surmonté de deux couteaux. Au registre inférieur apparaissent les silhouettes d’une tortue du Nil (Trionyx triunguis Geoffroy Saint-Hilaire, 1809) — allusion à Apophis massacré, à l’échouement70, au banc de sable71, forcé de régurgiter la crue qu’il a avalée72 — et d’un lézard ou d’un gecko — autre animal du désert et souvent associé à l’âne73. Le massacre potentiel de ces trois êtres véhicule la même croyance : faire régresser par sympathie les effets de la canicule et entraîner, par réaction, le retour de la crue. D’ailleurs, Typhon, de nature solaire, s’avère une force d’oppression maléfique vis-à-vis d’Osiris lunaire, force bénéfique : une silhouette de Seth archer solaire à tête d’âne74 exercerait son influence contre l’Osiris sélénien75.

Fig. 3. – Stèle magique. Musée Kestner de Hanovre, inv. 1935.200.445. Wikimedia Commons.
Mais l’âne peut également entretenir une affinité avec bien d’autres animaux du désert pourvus d’appendices auriculaires apparents comme le chien, le lièvre — considéré comme séthien76 —, le fennec, la gerboise qui doivent la sauvegarde de leur espèce à d’étonnantes capacités auditives. Cependant, il apparaît, contrairement à l’affirmation de Plutarque, que « le dieu et l’animal [l’âne] ne peuvent être systématiquement associés » dans la religion égyptienne77 et qu’il s’agit donc d’un raccourci tardif qui est pourtant significatif du degré de simplification et d’essentialisation. Le mauvais caractère de l’âne sauvage ou onagre est encore observé du temps de Chénouté d’Atripé qui juge opportune cette comparaison : « les bêtes féroces et les ânes sauvages (onagres) sont les hommes sauvages qui n’ont pas connu Dieu » (ⲛⲉⲑⲏⲣⲓⲟⲛ ⲁⲩⲱ ⲛⲉⲓⲁ ϩⲟⲟⲩⲧ ⲛⲉ ⲛⲣⲱⲙⲉ ⲛⲁⲅⲣⲓⲟⲥ ⲉⲧⲉ ⲙⲡⲟⲩⲥⲟⲩⲛ ⲡⲛⲟⲩⲧⲉ)78. L’archimandrite étant un grand connaisseur de la faune, de la flore et des activités culturales79, les métaphores auxquelles il recourt et qui puisent dans cette diversité de registres s’adressent à des gens qui reconnaissent instantanément les éléments de la symphonie nilotique. Lorsqu’il parle d’« ânes sauvages » (ⲛ|ⲉⲓⲁ ϩⲟⲟⲩⲧ)80, il ne les confond nullement avec des ânes ordinaires (ⲛ|ⲉⲓⲁ), d’ordinaire doux et pacifiques. Ainsi, on voit bien émerger l’existence d’un continuum depuis l’œuvre de Plutarque jusqu’à celle de Chénouté : l’âne sauvage fait bien partie de ces invariants culturels connotés au cours des âges.
3.2. Le crocodile et l’hippopotame
Quant aux secondes espèces qui, après l’âne sauvage, incarnent Typhon-Seth — à savoir le crocodile et l’hippopotame —, ce sont les plus féroces (τὰ θηριωδέστατα) de leur classe.
3.2.1. La confrontation des deux espèces
Le danger qu’incarne l’hippopotame est tel que même un crocodile ne saurait s’approcher d’un troupeau sans risquer de périr broyé par de puissantes mâchoires comme en témoigne une scène provenant du mastaba de Mérérouka (Ve dynastie), image pour le moins saisissante, au sens propre comme au sens figuré. Il est encore possible d’observer dans les fleuves africains actuels ce qui devait être un tableau classique de la vie du Nil81. On est même encore frappé par des hippopotames poursuivant à toute allure des félins ou affrontant des rhinocéros de toutes les espèces. Ce sont d’ailleurs les hippopotames qui, de nos jours, causent le plus de victimes sur le continent africain82.
Le degré de férocité de ces deux espèces, qui se disputent un même territoire, concourt à ce qu’elles fassent l’objet d’une chasse conjointe depuis l’époque prédynastique, comme un acte de protection du pays qui n’est pas sans lien avec l’idée de domination guerrière83, en sorte que Seth-Typhon et ses affidés s’incarnent conjointement ou alternativement dans les deux espèces qu’Horus et ses compagnons traquent comme dans le Mythe d’Horus à Edfou84, en vertu des principes d’une chasse codifiée85, mythe auquel Plutarque fait d’ailleurs allusion86.
3.2.2. Le crocodile
La connaissance du crocodile chez les peuples du Nil se traduit par le nuage conceptuel formé autour de la personnalité de l’animal qui ressort de l’examen de la littérature égyptienne où, sous des formes métaphoriques, il symbolise l’angoisse, le mal, l’attaque soudaine, la médisance, la prédation, la cruauté, le rapt, la tricherie, le vol et le meurtre87, en précisant que les métaphores tirées de l’observation de la nature ou de l’éthologie animale permettent inversement de conceptualiser, de traduire des comportements humains ou divins, voire de définir visuellement des phénomènes au moyen de classificateurs sémantiques ad hoc. On voit par conséquent le caractère plutôt réducteur de l’expression τὰ θηριωδέστατα rapportant à la férocité assignée au comportement du crocodile en vertu du choix traductionnel que l’on opère par souci de simplification.
3.2.3. L’hippopotame
L’hippopotame est l’animal séthien par excellence. La menace de trancher la tête d’un hippopotame « pris à la cour de Seth » afin de forcer le dieu dont c’est l’attribut, à intercéder en faveur d’un accusé, au P. Chester Beatty V [3], vo 5, 4-6, 3, en atteste88. Mais l’hippopotame qui aurait causé la mort de Ménès89, d’après Manéthon, démontre que sa chasse, pratique ritualisée depuis l’époque prédynastique, est un exercice extrêmement risqué. L’étude d’Aurélie Roche90 qui, iconographie à l’appui, aborde le rite « transpercer l’hippopotame » (stj db), rappelle, à partir d’un passage de la Pierre de Palerme (col. 8 de la rangée 3)91, que « l’hippopotame incarne les forces chaotiques de la nature à combattre »92. Cependant, de même que le crocodile, il est vénéré ici, à en croire les interdits des nomes, et détesté ailleurs. Il est ainsi protégé tant en Haute-Égypte (IIe = nome Apollinopolite ; XIe = nome Aphroditopolite ; XIXe = nome Oxyrhynchite) qu’en Basse-Égypte (VIIe nome)93. Ainsi le tableau réel n’est pas exactement conforme à celui que dresse Plutarque.
3.2.4. Une curiosité : le monstrum fatale
L’« hippopotamo-crocodile ». – Loin de faire figure d’anecdote iconographique, une curiosité numismatique romaine permet d’observer comment la pensée politique impériale réactive et s’approprie le paradigme sétho-typhonien en essentialisant l’idée de mal absolu assigné à l’Égypte vaincue. Le crocodile et l’hippopotame incarnent à tel point cette Égypte chaotique, dangereuse et rebelle qu’ils deviennent les vecteurs métaphoriques par lesquels Rome signifie sa victoire.
Sur les aurei et les deniers frappés en l’honneur d’Octavien après la défaite de Cléopâtre (30 av. J.-C.), les effigies des deux animaux sont accompagnées de cette devise à l’ablatif absolu : Ægypto capta, « L’Égypte conquise. » À travers ces types monétaires, les deux monstres nilotiques se substituent à la représentation physique de Cléopâtre VII. La reine, que la propagande romaine a construite comme le paradigme du mal absolu et de la subversion de l’ordre moral romain, est ravalée au rang de la bestialité typhonienne, menaçant la Pax Romana décrétée par le vainqueur94.


Figure 4a. – Aureus à l’Ægypto capta et au crocodile. Brindisium ou Rome, vers 29-27 av. J.-C. Wikimedia Commons. – 4b. Aureus à l’Ægypto capta et à l’hippopotame. Pergame, vers 27 av. J.-C.
Wikimedia Commons.
Cléopâtre VII Philopator. – Cette équivalence entre la souveraine lagide et le prédateur du Nil95 pourrait éclairer d’un jour nouveau les vers célèbres d’Horace, qui décrit Octavien pressant sa proie comme l’épervier la colombe ou comme un chasseur agile le lièvre, « afin d’enchaîner le monstre fatal » (daret ut catenis/fatale monstrum)96. Le poète n’évoque-t-il pas seulement une femme à abattre, mais le principe même du chaos égyptien, que la numismatique réduit à ses deux expressions sauvages les plus féroces97 ? Par le truchement d’une interpretatio Romana, Octavien assimilé à Apollon d’Actium — et donc indirectement l’image victorieuse d’Horus — triomphe du crocodile égyptien enchaîné comme le dieu d’Edfou terrassait ses ennemis sur les eaux du Nil98.
Ainsi, le traitement de la faune nilotique par le pouvoir romain s’inscrit dans un continuum de simplification et d’essentialisation décrit en son temps par Plutarque : l’animal sauvage reste l’objet d’emprise par excellence d’un principe néfaste qu’il convient de dompter pour rétablir l’ordre du monde.
3.3. Autres animaux typhono-séthiens : remarques en passant
Plutarque ne mentionne que trois des animaux typhono-séthiens, au nombre desquels il convient de compter, en premier lieu, de multiples animaux du désert chassés pour leur viande tels que les taureaux sauvages, les gazelles, les ibex, les sangliers99, l’oryx algazelle (Oryx damah Cretzschmar, 1827), objet de sacrifice100 ; en deuxième lieu les oiseaux migrateurs qui matérialisent le chaos101 ; en troisième et dernier lieu les reptiles et la microfaune mordeuse et piqueuse102 assimilables à Seth et susceptibles d’importuner les êtres vivants, comme dans le cas de la puce sous les flancs d’Osiris103.
3.3.1. De l’hypostase/support de Seth à l’âme de Typhon
Se voulant pédagogique à l’intention de sa lectrice, la dénommée Cléa, Plutarque s’en est tenu aux espèces les plus caractéristiques. Les Égyptiens, au lieu du schéma réducteur que propose le philosophe, étroitement dépendant de sa source, déploient un spectre plus large des êtres typhono-séthiens.
Les canidés, « hypostases » ou supports divins. – On peut s’en persuader en parcourant la liste des dix espèces de canidés du P. Jumilhac (XV, 9-XVI, 8), animaux qui sont prioritairement des manifestations positives attachées au cycle d’Osiris, d’Isis et d’Horus, tandis que d’autres, beaucoup moins nombreux, sont liés à Seth. Le mythographe, lorsqu’il veut établir une association entre un animal X à un dieu Y, recourt à l’expression spécifique selon la forme suivante : X
Y, X ꜥḥꜥ⸗f n Y, « l’animal X, il se dresse pour le dieu Y », expression que certains dont Jacques Vandier (1904-1973) rendent par « hypostase »104, quoique le terme, s’il est employé dans un sens philosophique plutôt que dans un sens étymologique, soit un faux ami, puisqu’on voit que l’idée qui semble s’imposer est plutôt celle de l’animal compris comme support (plus que comme réceptacle) d’une divinité à laquelle il prête sa forme en se dressant à son approche. Il en va ainsi du cinquième chien de la liste dont il est dit : « Quant au chien rouge, il se dresse pour Seth » (XVI, 4-5)105. Il en va de même du neuvième chien, cette fois manifestation de Baba (XVI, 8), nom égyptien de Bébon, lequel est ridiculisé par suite de la mise en œuvre de la magie de Thot (cf. supra, § 3.1).
Les ophidiens, idem. – Il en va de même de la liste du Papyrus ophiologique de Brooklyn (P. Brooklyn, inv. 47.218.48 et 85), dont pratiquement tous les exemplaires qui la composent sont associés à un ou deux dieux différents, comme le signale en amont J. Vandier106. Malgré leur dangerosité, tous les serpents ne sont pas séthiens, loin de là. Mais on dit, par exemple, du serpent Henep rouge qu’« il sort du phallus de Seth107 », ce qui laisse penser que le serpent serait l’émanation de la semence du dieu, sans d’ailleurs en faire un animal à la morsure létale. (Mais se reporter, plus loin, au venin.) Bien que les vipères (fj.t) passent plutôt pour horiennes, l’une d’elles —
fj.t ṯȝw « la Vipère mâle » — fait l’objet de ce commentaire :
« elle se dresse pour Seth ou Geb » (ꜥḥꜥ⸗f n Stš kj ḏd Gb) et on apprend qu’on sauve de sa morsure108. Il en va de même du cobra ârâr (Naja haje haje L., 1753) (
) qui n’entraîne pas non plus la mort du patient, que d’un autre serpent109 (idem) au nom perdu, dont la morsure est également curable110. Le Recueil de prophylaxie (P. Brooklyn, inv. 47.218.138) mentionne, quant à lui, une formule de conjuration à l’égard d’un serpent qualifié de « Seth » ou de « fils de Nout »111 qui n’est pas identifié.
Hypostase/support versus âme. – On doit garder à l’esprit la possibilité d’une équivalence entre l’expression ꜥḥꜥ⸗f n Stš /ꜥḥꜥ⸗f r Stš, « il se dresse pour Seth » et l’idée que pourrait traduire, en grec, « l’âme de Typhon » (ψυχὴ Τυφῶνος) de Plutarque, puisqu’il est clairement dit que tous les animaux mauvais recevraient une part de cette « âme » (cf. supra, § 2.1)112. Bien entendu, au sens strict, l’équivalent égyptien de ψυχὴ, au lieu de l’expression ꜥḥꜥ⸗f n /ꜥḥꜥ⸗f r, serait plutôt
bȝ (→ grec βαι, βαΐ113) « ba », mais ce n’est pas l’option que choisit l’égyptien qui se cantonne à un verbe de mouvement. Ainsi dotés de cette capacité de « se dresser pour », ces animaux ne sont pas a priori séthiens mais supposés sous l’influence de Seth ou être de l’essence ou du genre de Seth, comme d’autres serpents seraient — cette fois majoritairement — de l’essence ou du genre d’autres dieux. Il me faut reformuler ici une suggestion judicieuse qui m’a été faite par mon relecteur, en rapprochant l’expression ꜥḥꜥ⸗f n Stš /ꜥḥꜥ⸗f r Stš de l’idée qui réside dans le terme μέθεξις (ἡ) (μετά « avec (notion de partage) » + ἕξις ← ἔχειν « avoir, posséder »), c’est-à-dire la « participation », au sens où l’entend le médioplatonicien Plutarque, en mettant à profit le sens du verbe μετέχειν, « participer de ». Ainsi, certains animaux « participeraient » de l’âme de Typhon, en jouant sur les sens de ꜥḥꜥ « se dresser » et de ἕξις « le fait de posséder » « dans la mesure où tous deux peuvent renvoyer à l’idée d’un état durable ou stabilisé » : « Quelqu’un qui est un allié ou un partisan de Seth participe ainsi à son âme. » Il est difficile de valider ce rapprochement entre deux formes de pensée, notamment en raison de l’opposition émique (égyptien)/étique (plutarquéen). Toutefois, traduire ꜥḥꜥ⸗X n Y /ꜥḥꜥ⸗X r Y « X participe de Y » pourrait être une indication précieuse sur le sens de cette expression.
Venin (
, mtw.t). – On aimerait aussi voir figurer au nombre des manifestations néfastes de Seth les symptômes spécifiques — soubresauts ou manifestations intempestives qui accompagnent la progression du « venin » (mtw.t), considéré en tant que personnalité divine114 — affectant le corps des blessés, disparaissant ici pour apparaître aussitôt ailleurs115. Comme on l’a vu précédemment, le serpent Henep qui sort du phallus de Seth n’est autre que la semence du dieu, sans qu’on puisse dire que celle-ci correspond au venin. Mais l’idée cependant est sous-jacente.
3.4. Interrogation : l’éléphant et l’animal séthien
L’examen des critères retenus par Plutarque pour définir la faune typhonienne — principalement celle dont les membres incarnent la brutalité et l’analogie d’un cri animal avec le son de la trompette — invite à porter un regard sur-étique sur la classification sacerdotale retenue. L’éléphant (Loxodonta africana Cuvier, 1825) manque dans le tableau de la faune mythique séthienne comme un élément structurellement nécessaire ferait défaut à une classification typologique. Cette hypothèse n’a pourtant jamais été envisagée par l’égyptologie, sans doute en raison de ce que l’on pourrait qualifier de « fossilisation iconographique » de l’animal de Seth, sous sa forme fantasmatique aboutie. Il est pourtant établi que ce proboscidien, omniprésent dans la faune nilotique des temps néolithiques et prédynastiques, et dans les représentations pariétales et les artefacts — de Nagada I à Nagada III116 —,
a nécessairement imprimé sa marque symbolique, sonore et religieuse dans la pensée théologique primitive, avant que le repli de son aire de dispersion vers le sud puis sa disparition de la basse vallée du Nil n’entraînent progressivement, comme le dit Axelle Brémont, dans un article captivant, une « perte de son référent » originel117. On voit fleurir, sous Nagada II, un certain nombre de petits objets qualifiés, faute de mieux, d’« amulettes » (taille maximale 3,5 cm), sculptés en diverses matières précieuses, représentant des têtes de l’animal schématisées et réduites au seul volume de la tête, aux yeux, aux défenses et à la trompe (le proboscis) (en égyptien ḏr.t, « la main ») raccourcie dont l’extrémité — la poignée, outil de préhension — est marquée par un léger liséré. (Cette tête a été confondue par W.Fl. Petrie, l’inventeur du « prédynastique »118, avec une tête de taureau [bull’s head] ou de bélier [ram’s head].) Le nombre de ces objets, dont plusieurs découverts à Nagada, plaide pour un animal familier et sacré
(fig. 5a-c)119 dont on souhaite s’approprier la force ou celle du dieu qu’il évoque. Sans prétendre clore un tel dossier qui appelle de futurs développements, il convient d’inciter l’égyptologie à se poser la question de cette lacune : l’animal séthien ne serait-il pas la réinterprétation graphique éloignée et réinventée du plus puissant et du plus sonore des mammifères de l’écosystème initial ?



Fig. 5a. – Amulette de tête d’éléphant. Nagada II. Ägyptisches Museum (au Neues Museum), Berlin. Wikimedia Commons. Fig. 5b. – Petrie, Abydos I, pl. li. Fig. 5c. – Petrie, Amulets, Londres, 1914, pl. xxxvii, 142 et p. 44.
4. Les végétaux typhono-séthiens
De même que les animaux les plus stupides ou les plus féroces, maints végétaux, qui se caractérisent par leur amertume, une odeur désagréable, un aspect repoussant ou ambigu, relèvent/participent de l’essence de Typhon-Seth comme cela est attesté par la littérature sacerdotale, notamment par le truchement de légendes étiologiques. Le champ est assez large. Cependant, à titre de prologue, on constate que, pour les Anciens, agir à l’encontre des arbres, c’est agir à l’instar de Seth.
4.1. L’interdiction de couper des arbres osiriens
Ainsi, prolongeant l’esprit de la phrase éponyme de cet article, Plutarque (Is. Os. 35, 365A) écrit : « C’est pour cette raison qu’il est défendu aux adorateurs d’Osiris de détruire un arbre cultivé ou d’obstruer une source d’eau » (διὸ καὶ τοῖς τὸν Ὄσιριν σεβομένοις ἀπαγορεύεται δένδρον ἥμερον ἀπολλύναι καὶ πηγὴν ὕδατος ἐμφράττειν)120.
D’où il appert que « l’arbre cultivé », « l’arbre domestique » (δένδρον ἥμερον), et la source d’eau (πηγὴ ὕδατος) ont des caractères osiriens, vu que l’adjectif ἥμερον qualifie un arbre adapté aux besoins humains et employé dans un but économique (cf. supra, § 2). Ce sont souvent des arbres de vergers ou de plantations dont on tire des ressources : fruits, graines, résines, fleurs, feuilles, écorces. Il doit par conséquent être distingué du δένδρον ἄγριον « arbre sauvage » qu’il deviendrait alors licite de découper.
4.2. Quand Seth coupe, arrache, dessèche les arbres ou obstrue une source
Pour saisir la pensée de Plutarque, il faut se persuader que la destruction d’un arbre cultivé, favorable à l’entretien de la vie, constitue un crime séthien, quoique les Égyptiens eux-mêmes recourent à leur destruction comme arme de guerre à l’encontre des populations de l’Asie ou de Nubie121. Ils n’agissent pas différemment des peuples asiatiques dont les armées désolent les vergers de leurs adversaires ainsi que le montrent certaines scènes assyriennes122 ou comme le faisaient les Croisés en Orient pour les arbres fruitiers123.
Si l’on transpose dans le monde divin cet invariant culturel qui perdure jusqu’à aujourd’hui en Égypte et en Orient, Seth exerce son agressivité à l’égard des plantations d’arbres sacrés. C’est ce que permettent de constater les Formules rituelles de renverser Seth et ses confédérés, voire le Rituel pour repousser l’Agressif (P. Louvre 3120 – P. BM 10252). Les modalités énumérées sont les suivantes : abattage, arrachage, assèchement d’un arbre124. On présentera, d’une part, deux distiques qui illustrent ce modèle, et dont la seconde partie — malgré la parataxe — résonne comme une conséquence négative de la première ; et d’autre part, un dernier et troisième distique dont le premier membre se rapporte à l’obstruction d’une source spécifique et le second à la destruction de l’arbre qui s’ensuit :
Urk. VI (P. Louvre), 19, 14 :
Il a abattu l’arbre de Iousâas (ḥsq~n⸗f ḫt n Jw⸗s-ꜥȝ⸗s).
Urk. VI (P. Louvre), 19, 15 :
(Et) il a pêché des poissons dans le Grand-Lac (ḥȝm~n⸗f rmw.w m Š-wr).
Urk. VI (P. Louvre), 21, 5 :
Il a arraché l’arbre de la Saïs de Neith (sṯȝ~n⸗f ḫt n Sȝw n N.t).
Urk. VI (P. Louvre), 21, 6 :
(Et) il a répandu le mal dans le Château-de-l’Embaumement
(qmȝ~n⸗f ḏw m Ḥw.t-ḥmȝg).
Urk. VI (P. Louvre), 117, 9 :
Tu as détruit la source qui rajeunit les membres divins (i. e. Osiris)
(sẖnn~n⸗k šd.t sḫrd(w.t) ḥꜥw-nṯr).
Urk. VI (P. Louvre), 117, 9-11 :
(Et) tu as fait se dessécher le noble sycomore (sšr~n⸗k nh.t šps(.t))125.
Ce texte, dans lequel le corps gras indique la partie sur laquelle porte notre réflexion, entre en résonance avec des faits culturels permettant d’identifier ces arbres détruits : en effet, un acacia est associé à « Maison de Iousaâs » à Héliopolis126 ; deux arbres sacrés sont dédiés à Neith : l’acacia et le sycomore127. Cela étant, les arbres sont le domaine d’Osiris par excellence, mais le « noble sycomore » ici lui est dédié en propre. Ces trois exemples justifient que non seulement Seth, inversement aux dévots d’Osiris, passe pour détruire les arbres cultivés, mais, comme en témoigne le troisième, est poussé par le désir de détruire ou d’obstruer les sources d’eau ou les puits, ce qui équivaut clairement à des actions de guerre et conduit à la destruction des arbres, ce qui renvoie en l’occurrence à l’injonction formulée par Plutarque (cf. supra, § 4.1). Une consultation de la littérature montre que les éléphants sont les seuls capables d’abattre les arbres de façon sélective, luttant ainsi contre le changement climatique et jouant ainsi un rôle écologique essentiel.
Les papyrus grecs d’Égypte font état de l’interdiction « d’endommager les arbres », comme une défense du sacré (IIe-Ier siècle av. J.-C.)128. Cela dit, Plutarque laisse paradoxalement de côté « l’abattage du bois » (τομὴν ξύλου) auquel seraient attachées des explications mystiques129. Pour compléter ce tableau, le néoplatonicien Porphyre, qui livre par ailleurs de longs extraits de l’œuvre de Chérémon, rappelle une croyance selon laquelle il y aurait injustice à porter atteinte aux végétaux (τὰ φυτά) :
Καὶ τὸν τῶν Αἰγυπτίων λόγον σεσίγηκα, ὅτι καὶ τῶν φυτῶν ἀδικοῦμεν ἁπτόμενοι (Porphyre, Abst. I, 21).
Je me tais sur la doctrine des Égyptiens, selon laquelle nous commettrions une injustice en portant atteinte aux végétaux.
Tel est le principe que partagent les Pythagoriciens130. D’ailleurs, on devine que la raison pour laquelle on ritualise l’extraction des simples (τὰ βοτάναι) — attestée au Papyrus magique de Paris comme dans le Roman d’Alexandre — serait justement d’en masquer ainsi le caractère séthien sous-jacent (cf. infra, § 4.3).
4.3. Les légendes étiologiques et l’explication de la toxicité
Si on passe aux légendes étiologiques, il n’existe pas mieux que le Papyrus Salt 825 pour exemplifier l’émergence des produits nobles — boissons, végétaux, résines odoriférantes, minéraux — à partir de l’émission de substances biologiques divines, un processus résultant d’une émotion collective, diversement exprimée, causée par la mort d’Osiris infligée par Seth par noyade, le 17 du 1er mois d’Akhet131. Il n’y a pas de solution de continuité entre l’idée soutenue par le P. Salt 825 et le contenu du « Rituel de la cueillette des simples » au Papyrus magique de Paris, rédigé au IVe siècle132, où des végétaux ou des substances végétales ou assimilées sont dits avoir levé des émanations des dieux ou celles des organes divins — yeux, souffle, semence, sueur = rosée, os. Dans tous les cas de figure, on a affaire à des végétaux ou des substances sacrées utiles.
Inversement, l’émission des fluides biologiques de Seth – on a déjà vu que le serpent Henep était issu du phallus de Seth (cf. supra, § 3.3.1 : Les ophidiens, idem) – peut engendrer l’émergence de plantes toxiques. Tel est le cas du
P. Jumilhac (III, 4-5133). Seth, sous la forme d’un taureau du désert, poursuit Isis métamorphosée en chienne dont la queue est armée d’un couteau de silex. Un processus en trois temps est décrit dans le passage suivant :
1) Alors il répandit sa semence à terre (wnn⸗f ḥr stj mtw.t⸗f r tȝ).
2) Et cette déesse dit (ḏd~jn nṯr.t tn) : « C’est une abomination d’avoir répandu (ta semence), ô taureau ! » (bw.t wdd⸗k kȝ)
3) « Sa semence poussa en une plante sur cette montagne, dont le nom devint bdd-kȝ.w. »
(mtw.t⸗f rd⸗w m sm.w ḥr ḏw pn ḫp(r) rn⸗f bdd-kȝ.w)
La conclusion de la légende de la plante est construite tour à tour sur : 1) une action d’ordre physiologique (émission de semence) ; 2) le constat de cette action énoncé par Isis sous la forme d’une parétymologie, une pratique métatextuelle sur laquelle repose, par exemple, la caractérisation des épisodes marquants de la « Geste d’Horus » à Edfou134 ; 3) en dernier lieu par l’explication du nom de la plante qui lève à la suite de l’émission de la semence de Seth. Des allusions visuelles à ces concepts se retrouvent dans les déterminatifs du nom de la plante :
135. Ce passage du P. Jumilhac concerne, non pas la pastèque (Citrullus vulgaris Schrad., 1836), ou l’aubergine (Solanum melongena L., 1753) (بَاذِنْجَان) comme on l’a cru, mais une plante nocive, une cucurbitacée familière du désert égyptien dont on peut postuler qu’il s’agirait de la coloquinte (Citrullus colocynthis [L.] Schrad., 1838), qui pousse dans le fond des ouâdis136. La pulpe de la coloquinte est extrêmement amère et toxique. Ce purgatif puissant employé en poudre doit l’être avec beaucoup de circonspection, car il peut entraîner des complications, et même la mort en cas de surdosage. C’est donc une plante séthienne par excellence.
4.4. Les végétaux interdits et leurs corrélats disparates à Philae
Végétaux ne devant pas se trouver dans l’Abaton. – L’origine de l’interdit des végétaux recoupe les problématiques précédentes. De la même façon qu’il est interdit d’endommager (abattre, arracher, assécher) des arbres osiriens (cf. supra, § 4.2), le transport de certains végétaux est prohibé de la part des portiers et des prêtres du temple dans l’Abaton de Philae, qui abrite la tombe d’Osiris137. Il s’agit de huit plantes qui, dans la mesure où elles figurent dans une proscription qui compte également l’âne, le chien, l’eunuque, le bouc et la trompette, sont clairement associées, à un moment ou à un autre de l’année, au dieu Seth.
Qu’y a-t-il de commun entre ces plantes, ces trois espèces animales, un eunuque et un instrument de musique entre lesquelles j’avais relevé, en 1986, une incohérence paradoxale138 ? Plus tard, en revenant sur les interdits, j’ai constaté que le transport de ces plantes dans un milieu osirien était prohibé pour plusieurs raisons : elles étaient susceptibles de rappeler au dieu des moments de tourments endurés et commémorés certains jours de l’année comme le précisent les calendriers égyptiens139, et parce que certaines de leurs propriétés relevaient de Seth — Osiris ayant été obligé d’ingurgiter des plantes d’un goût fort, âcre, amer, ou dégageant une odeur répugnante.

Fig. 6. – Prêtre jouant de la trompette d’une main devant Osiris assis. H. Hickmann, La trompette dans l’Égypte ancienne (CASAE 1), Le Caire 1946, p. 15-16 et fig. 22.
Catégories d’êtres vivants et d’objets, idem. – Ainsi, en acceptant qu’on me pardonne de faire une entorse dans la démonstration pour conserver l’unité documentaire, un type d’être humain ne pouvait, dans un même ordre d’idées, aborder la rive de l’Abaton, ni des animaux s’y déplacer, ni un instrument de musique y être transporté, sinon au risque d’offenser gravement le dieu. En effet, en changeant de registre, Seth, en premier lieu, pouvait choisir de s’incarner dans trois espèces animales — l’âne, le chien et le bouc, précise la liste —, selon le même principe que celui évoqué par Plutarque pour l’âne (cf. supra, § 3.1) ou dans le Papyrus Jumilhac pour le chien (cf. supra, § 3.3.1 : Les canidés, hypostases divines). L’eunuque y est interdit, en deuxième lieu, car il renvoie à une sexualité prohibée ou à l’être privé des organes de la génération140. Et enfin, en troisième et dernier lieu, pour refermer la quadrature du cercle, parce que le son d’un instrument — également interdit141 chez les Lycopolitains et les Busirites — rappelait le braiement de l’âne, une des formes par excellence de l’ennemi d’Osiris142, ce qui oblige à rappeler l’emploi d’os asiniens spécifiques pour la fabrication de l’aulos et rapportés à l’interdit de la trompette chez les Égyptiens comme le souligne Plutarque (cf. supra, § 2.2). Cela dit, une planche d’un cercueil du Musée égyptien de Berlin (inv. no 12650) (fig. 6) montre un homme embouchant cet instrument d’une seule main pour jouer devant Osiris143, ce qui prouve que ces interdits pouvaient comporter des exceptions tout à fait paradoxales et apparemment inexplicables.
4.5. La nomenclature des parfums et les aromates de second ordre
Enfin, sur le chapitre des végétaux, à condition d’être attentif aux descriptions des ântyou et des styrax qui entrent dans la composition des onguents liturgiques dont les recettes figurent sur les parois du pseudo-Laboratoire (js) d’Edfou, on constate que les Égyptiens recourent à une échelle qualitative dans laquelle Seth sert d’étalon négatif.
Les ântyou (ꜥntjw). – De même que dans d’autres cas dans le domaine de l’épistémè sacerdotal, ces descriptions sont de deux ordres d’un point de vue étique : 1) pseudo-scientifique (aspect, couleur, taille, odeur) et 2) mythologique. Il s’agit d’une erreur d’appréciation relative, puisque c’est une des caractéristiques de l’encyclopédisme sacerdotal.
Ainsi, il existe d’une part des ingrédients de première qualité, lesquels sont dits émaner soit des dieux de façon générale144, soit de parties du corps ou d’organes divins : le corps du dieu145, les ossements du corps divin146, l’épine dorsale147, les yeux (Rê148, Osiris149, Horus150, œil gauche151), la sclérotique (Atoum)152 — voire la vulve du faucon femelle153 —, le tout étant présenté, dans un alinéa récapitulatif154, comme les « ântyou concrétés de première qualité qui émanent des organes divins » (ḥꜥ.w-nṯr). Il existe un lien entre les produits de haute qualité et les faucons (Falco peregrinus peregrinoides Temminck 1829)155 — les dieux sont des faucons par excellence, êtres aériens — dont l’aire correspond aux zones de production (dans la péninsule Arabique et dans la Corne de l’Afrique)156. Il s’agit de produits célestes associés aux yeux divins car ces organes secrètent des larmes, ou à d’autres liquides biologiques. C’est à ce titre que ces exsudats sont utilisés dans le domaine de la parfumerie sacrée et qu’ils oignent, par le truchement d’un rite, les corps des dieux dont ils sont issus : ils font partie de ce que l’on nomme ordinairement la « dotation divine ».
Mais d’autre part, le rédacteur signale aussi, parmi les ântyou, d’« autres produits qui ne peuvent être employés dans les temples divins » (k.t ḫt n jr kȝ.t jm⸗sn m pr.w-nṯr.w), c’est-à-dire exclus de la « dotation divine »157. Et, comme pour le justifier a posteriori, on dit d’eux qu’ils sont soit « l’œil de Seth », soit la pupille, soit encore une partie précise de l’œil de ce dieu, soit encore son souffle. (De même que l’Œil Oudjat, l’Œil de Seth se décompose en plusieurs parties, mais, à la différence de son homologue, sans établir pour cela une nomenclature précise.) On les qualifie de piètre qualité (ḏw).
Voici les trois exemples fournis :
L’ântyou concrété dont le nom est yah (ꜥntjw šw jȝh rn⸗f).
Sa couleur est d’un noir foncé (jnm⸗f km nḫt).
C’est la pupille de l’œil de Seth (ḏfḏ pw n jr.t St)158.
L’ântyou concrété dont le nom est mâchâ-r-aou (ꜥntjw šw m ‘šꜥ-r-ȝw rn⸗f).
C’est du inhasââ mâchâ qui n’est pas destiné à la dotation divine, dit-on à son propos, car il est concassé en menus morceaux (jnḥȝsꜥꜥ pw m šꜥ m rȝ-ḫ.t ḫr⸗tw r⸗f wn⸗f qrqrwj ꜥšȝ).
Sa couleur (est) rouge (jnm⸗f dšr).
C’est la partie haute de l’œil de Seth (tp pw n jr.t St).
[Glose médicale :] C’est un ântyou médiocre dont on fait usage pour chasser toute douleur à l’anus (ꜥntjw ḏw pw jr⸗tw jm⸗f r dr mr nb m pḥwj)159.
L’autre (produit) dont le nom est kheskhes (kt ḫsḫs rn).
(C’est) un ântyou médiocre sous toutes ses formes (ʿntjw ḏw m ḫt nb(.t)).
Il émane du souffle de Seth (pr⸗f m ḫnm Stš) ; il est rouge clair comme s’il émanait de lui (wn⸗f mrš mj pr⸗f jm⸗f).
« Il est inutilisable pour la dotation divine », dit-on à son sujet (šmr-ḫt ḫr~tw⸗f)160.
Pierre P. Koemoth conjecture que la préconisation de l’ântyou concrété médiocre répondant au nom de mâchâ-r-aou pour « chasser toute douleur à l’anus » ne serait pas sans lien avec les goûts homosexuels de Seth161, qui feraient justement partie, selon Plutarque, des passions inspirées par ce dieu (cf. infra, § 5), mais ce rapport ne peut être établi clairement.
Les styrax. – De même, en ce qui concerne les styrax (nnjb)162, on voit apparaître des produits de second rang, qualifiés de « autres matières n’entrant pas dans le Laboratoire (k.t ḫ.t n ꜥq r js) »163. À l’inverse des ântyou, il n’est pas question d’une échelle de qualité signifiée par ḏw « mauvais ou médiocre », mais la description montre qu’elle est inhérente à ce qu’on attend de Seth, notamment parce que le produit s’écarte de standards de qualité indispensables pour entrer dans la dotation. On se contente de les qualifier d’« œil de Seth », entité néfaste parfois assimilée à une balle que l’on frappe afin de lutter contre le désordre. Si on veut faire une concession, « l’œil de Seth » ne serait autre qu’un anti-œil Oudjat. L’œil de Seth est celui qui, dans les procès, doit être aveuglé pour que le justiciable parvienne à ses fins164. Voici trois autres qualités de styrax considérées comme des émanations de cet œil divin :
La matière ligneuse (litt. bois) sèche dont le nom est chereh (ḫt šrḥ rn⸗f).
Sa couleur est rouge (jnm⸗f dšr).
C’est l’œil de Seth (jr.t St pw).
Lorsqu’il se concrète (litt. lorsqu’il sèche), il ne produit pas d’exsudat (šww⸗f n qmȝ⸗f mw⸗f). Il se présente à la manière de roseaux parmi ceux qui sont sur terre (wn⸗f dwn⸗f mj ꜥr.w m nnw m tȝ)165.
La matière ligneuse dont le nom est âaâdjeter (ḫt ꜥȝꜥ ḏtr rn⸗f).
Sa couleur est d’un noir soutenu (jnm⸗f km n ḫt).
C’est l’œil de Seth (jr.t St pw)166.
La matière ligneuse dont le nom est emtoutdecher (ḫt m tw.t dšr rn⸗f).
Sa couleur est sombre (jnm⸗f km).
C’est l’œil de Seth (jr.t St pw).
On ne peut en ôter l’écorce lorsqu’il est sur le bois de Ouadj-our au lieu (de production) du pays de Pount (n k(w)k~tw⸗f wn⸗f ḥr ḫt Wȝḏ-wr m s.t Pwn.t).
Son bois est comme le bois de térébinthe (ḫt⸗f mj ḫt n snṯr).
Lorsqu’elle est abondante, elle est rouge (jr wr⸗f dšr⸗f)167.
La « dotation divine » réclame l’emploi de produits parfaits, non contrefaits. Ce qui est de qualité inférieure passe pour séthien et est donc relégué à des usages secondaires ou médicaux.
4.6. L’extension des végétaux aux minéraux
Plutarque évoque les animaux, les plantes et les passions néfastes d’ordre séthien, mais ce qui est valable pour les plantes l’est tout autant pour les minéraux précieux qui croissent, on l’a vu, sous l’effet des luminaires. Les textes n’abondent pas cependant de légendes étiologiques mettant en œuvre les productions de Seth, auxquelles on pourrait joindre celles d’Apophis. Mais elles sont cependant suffisantes dans la littérature religieuse pour qu’on en tienne compte.
Les gisements de terres ou de colorants, parce qu’ils tirent sur la couleur rouge, constituent ainsi le sang ou les humeurs de Seth ou de ses comparses, répandus sur le sol, comme à plusieurs reprises dans le Papyrus Jumilhac. C’est le cas du sang des amis de Seth à Dounâouy qui — dit s’être écoulé des corps massacrés — passe pour constituer les gisements du minéral chesaÿt (II, 18-20) 168. C’est également celui des gisements de la terre perech, sang des alliés de Seth mordus par Isis ayant revêtu les traits d’une vipère (fj.t) dans le Gebel oriental, du côté du XIXe nome Oxyrhynchite (III, 9‑12)169. Il s’agit là d’une concession au réalisme car la vipère est un animal dont la morsure provoque un saignement important, puisque le venin produit un trouble de l’hémostase170. On observe cette permanence jusque dans les textes magiques grecs, dans la mesure où un charme de contrainte évoqué par le Papyrus magique de Paris (PGM IV, fo 25ro, lignes 2219-2221) prescrit171 d’écrire ledit charme à l’aide d’une encre magique à laquelle on doit ajouter de l’« ocre rouge de Typhon » (μιλτάριον Τυφῶνος)172 pour le rendre opérant, en d’autres termes contraignant ou opérant, en convoquant par sympathie la puissance attachée au produit. En d’autres termes, le recours à cette ocre rouge convoque le déploiement d’une force sétho-typhonienne néfaste. Bien entendu, il se peut que cette ocre rouge connote le sang de Seth si l’on en croit un passage du Papyrus Salt 825 (V, 1-2), où la présence du sang de Seth ou de ses complices permet de caractériser l’étendue territoriale des possessions du dieu173. En effet, ce passage associe des terres et un arbre séthien : « La terre d’Oxyrhynque, la terre d’Ombos, la terre de Sou, la terre de Baharia, la terre de Kharga, le sang de Seth y est tombé : ce sont ses domaines. L’arbre ârou de l’Orient se dresse pour lui174 » (ꜥḥꜥ n⸗f ꜥrw n Jȝbt.t) (P. Salt 825, V, 3), d’autant que Seth s’abrite sous un bosquet (šȝ) de l’essence en question (ibid., x + V, 3), laquelle est alternative puisque « l’arbre ârou de l’Occident » (ꜥrw n Jmnt.t) est dit « se dresser pour Osiris » (ibid., V, 7-8). Ce dernier végétal étant Acacia seyal Delile 1814 (ou Vachellia seyal [Del.] D.J.H. Hurter, 2008), un arbre au tronc rougeâtre, épineux — donc agressif, à l’instar du jujubier, arbre sacré du XIXe nome de Basse-Égypte175 — d’après l’interprétation de Pierre P. Koemoth. On voit bien l’image, notamment les terres formant le fond des oasis de Baharia et de Kharga qui sont rouges et témoignent d’un souvenir de violence matérialisée par un épanchement de sang à l’occasion d’un affrontement mythologique.
Ce qui est rouge est souvent lié à un événement séthien. Le quartzite rouge d’après la légende qui en fait le produit de l’immense brasier refroidi et pétrifié dans lequel ont péri Apophis — autre forme de Seth — et ses séides, lors de la lutte à l’Orient avec Atoum du côté de Babylone176, matérialise la victoire du vieux dieu solaire sur son ennemi, ce qui est le cas des colosses sculptés dans cette pierre. Lorsque le soleil touche des colosses et les fait vibrer de cette lumière minérale, alors on rejoue éternellement le processus de la victoire sur Apophis. D’autres matières végétales colorantes ont un but opératoire similaire, comme dans la confection de l’onguent aromatique medjed 177, destiné à l’onction et à la combustion. Ce dernier est fait à l’aide de la graisse d’un taureau de sacrifice castré — qui est l’animal représentant Seth178 — et que l’on « teinte en rouge à l’aide de racines d’orcanette (tinctoriale)179 » (sdšr m wꜥbw n nstj)180, ou Alkanna tinctoria (L.), Tausch, 1824, un colorant de couleur pourpre181.
Le sel et le fer. – Le sel est, dans le grec de Plutarque, « l’écume de Typhon » (Τυφώνος ἀφρον), une expression déjà très connotée puisque les Égyptiens, depuis les Textes des Pyramides, nomment ce métalloïde « bave de Seth » (jšš Stš)182 qui renvoie aux efflorescences que l’on voit se former à la surface du Delta, aux « expirations de Typhon » (Τυφῶνος ἐκπνοαί) du lac Sirbonis183, quand il ne renvoie pas au salpêtre, cet agent « toichophage » (τοῖχος + -φάγος) qui sape les murs des édifices divins. Les prêtres doivent s’abstenir d’en consommer, alors qu’à plusieurs reprises dans la journée, ils mâchent du natron qui, lui, est osirien et pur. Bien entendu, cette aversion pour le sel typhonien recoupe la peur de la mer qui exerce sa force contre l’inondation (Isis et Osiris) (cf. supra, Prologue), dans une théorie des contraires et des équilibres. De même, le fer est « l’os de Typhon » contre « la magnétique » qui est l’os d’Horus ; cf. Plutarque, Is. Os. 62 (376B) (p. 233, Froidefond). Le rapport est fondé sur un couple attirance/répulsion ou tempérance/rébellion.
5. La transposition morale : l’emprise de Typhon sur les « passions néfastes » (les vices) (τὰ πάθη)
Si l’analyse des passions constitue un champ d’investigation d’ordre éthique et théologique d’une ampleur immense qui relèverait d’un ouvrage en soi, le parallélisme qu’impose Plutarque (cf. supra, § 1) oblige à examiner comment dans la pensée sacerdotale la notion de vice et d’abjection (ḏwt)184 s’articule avec l’emprise de
Typhon-Seth. Loin d’être isolées, les « passions néfastes » (τὰ πάθη, « les vices ») qui forment le troisième volet de la phrase participent d’une corruption globale du cosmos, en résonance étroite avec les règnes animal, végétal (et minéral).
5.1. L’éthologie animale comme miroir des vices humains
Pour les Égyptiens, les silhouettes des animaux typhoniens ne sont pas seulement des dangers physiques, elles essentialisent des déviances psychologiques et comportementales qui émergent dans les nuages sémantiques attachés aux épithètes qu’on leur donne et aux mots qu’ils déterminent. L’éthologie propre des trois espèces séthiennes majeures fournit un répertoire de métaphores morales immédiatement déchiffrables par la société nilotique.
L’âne sauvage (onagre) incarne la colère aveugle, la fureur irraisonnée, la lubricité et l’obstination.
Le crocodile et l’hippopotame matérialisent la voracité, la rapacité, la cruauté gratuite et le meurtre par embuscade.
Plutarque le confirme au chapitre 50 en affirmant que « tout instinct irraisonnable et bestial relève de l’emprise de ce mauvais démon ». Le vice humain est donc conçu comme une régression vers la bestialité — comme le précisera, en d’autres temps, et sur le plan de la foi en Dieu, Chénouté (cf. supra, § 3.1.3) —, un abandon de la raison (osirienne) au profit des manifestations (κινήματα) de Typhon.
5.2. Les déviances sexuelles et l’interdit de l’eunuque à l’Abaton
L’examen des interdits commémorés dans les temples et les calendriers locaux met en lumière la condamnation de comportements humains considérés comme intrinsèquement séthiens. L’interdiction faite aux eunuques d’aborder la rive sacrée de l’Abaton de Philae (cf. supra, § 4.4) en est le témoin le plus éloquent.
Dans l’économie de la pensée égyptienne, l’eunuque renvoie à une double négativité. 1) D’une part, la mutilation et la stérilité. Il incarne l’être privé des organes de la génération, faisant directement écho au mythe où Seth est castré par Horus (tandis qu’Osiris, bien que démembré, conserve sa fertilité grâce à la magie d’Isis). L’eunuque participe ainsi de la nature stérile et désertique de Typhon-Seth. 2) D’autre part la subversion des mœurs. Ce statut connote, dans l’esprit du temps — que l’on retrouve sous le stylet d’Auguste évoquant le « relâchement des mœurs » égyptiennes (supra, § 2.2.3) — une sexualité déviante et prohibée. Les textes théologiques comme le Papyrus Jumilhac ou le conflit d’Horus et de Seth stigmatisent d’ailleurs les passions homosexuelles passives et les pulsions incestueuses de Seth185, perçues comme l’antithèse absolue de l’ordre familial et dynastique de la Maât186.
5.3. Synthèse : le continuum du chaos
Ainsi, la pensée sacerdotale égyptienne telle qu’elle est reconstituée par Plutarque ne sépare pas le crime moral de la perturbation environnementale. L’inceste, l’adultère187, l’homosexualité188, la fureur ou la trahison sont des manifestations morales issues de la même force brute qui assèche les sycomores, libère le venin des serpents, provoque les tempêtes, érode les traits côtiers, et fait mousser le sel aux abords des temples. Les passions mauvaises ne sont rien d’autre que le terrain d’emprise humaine de Typhon, parachevant sa mainmise sur l’ensemble du monde animé et inanimé.
6. Conclusion
Chemin faisant, l’examen de cette simple citation de Plutarque révèle de profonds points de convergence avec la documentation hiéroglyphique. Elle illustre ce qu’un philosophe grec du Ier siècle de notre ère — instruit par les œuvres de hiérogrammates hellénisés ou des érudits hellènes connaisseurs du monde égyptien — pouvait restituer de l’enseignement des temples. Naturellement, Plutarque n’applique pas systématiquement le paradigme séthien à tous les règnes, mais il en saisit l’essentiel. Typhon y est le dénominateur commun de tout ce qui doit être écarté, qu’il s’agisse de la faune, de la flore, des minéraux, des aromates ou des vices humains189.
L’analyse de ce témoignage exige toutefois d’ajuster notre posture critique. Face au regard étique de Plutarque, qui reconstruit les mythes du Nil à l’aide des instruments médioplatonistes, le chercheur contemporain doit adopter une démarche sur-étique. C’est cette « mise en abyme méthodologique » qui permet de sonder les angles morts de la transmission textuelle. Elle légitime, par exemple, l’introduction de l’éléphant (Loxodonta africana) dans le catalogue de la faune typhonienne. Bien que ce grand proboscidien soit absent de la liste plutarquéenne en raison d’une fossilisation iconographique sous une forme fantasmatique aboutie, il s’impose sur les plans écologique et sonore. Son cri (le barrissement) pourrait constituer le paradigme de la trompette originelle de l’écosystème néolithique, justifiant la hantise acoustique qu’exprime le texte grec vis-à-vis des instruments à vent séthiens.
Cette déconstruction révèle une cohérence profonde de la pensée sacerdotale égyptienne. Qu’il s’agisse de la stupidité de l’âne, de la férocité du crocodile, de la goinfrerie de l’hippopotame, de la toxicité de la coloquinte ou de la salinité de la mer, ces manifestations physiques relèvent d’une même essence chaotique. La grande force du texte de Plutarque est d’avoir maintenu le troisième volet de ce dispositif : celui des passions néfastes (τὰ πάθη). En rattachant l’abjection (ḏwt), les déviances sexuelles ou la fureur à l’emprise de Typhon-Seth, d’Apophis ou de Bébon, les théologiens égyptiens traduisaient l’existence d’un continuum entre le crime moral et le désordre environnemental. L’inceste et l’adultère participent de la même force brute qui assèche les sycomores, tarit les sources, libère le venin des glyphes ophidiens, ou entraîne la résurgence d’efflorescences de salpêtre mangeur de murs.
Il ne faut pas cependant se cacher que Plutarque a tendance à proposer une vision qui traduit un réductionnisme étique probablement présent en amont dans ses modèles littéraires tardifs et très éloignés d’une théologie évolutive de Seth-Typhon. En nous positionnant nous-mêmes en surplomb sur-étique de Plutarque, nous ne pouvons que pointer une sur-systématisation d’époque romaine qui, chez le philosophe, renvoie à des justifications politiques et morales, ce qui est le cas, en l’occurrence, lorsqu’Octavien, faisant appel à la même grille égyptienne et en référence au crocodilo-hippopotame fatal, parvient à laisser une image déshumanisée de Cléopâtre dans la numismatique.
Notes
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Z. Pleše, « Platonist Orientalism », dans A. Pérez Jiménez, F. Titchener (éd.), Historical and Biographical Values of Plutarch’s Works. Studies Devoted to Professor Philip A. Stadler by the International Plutarch Society, Málaga-Utah, 2005, p. 355-382.
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Eudoxe de Cnide est mentionné six fois pour des détails dans le de Iside (cf. édition de Chr Froidefond, Index, p. 329). D’après J. Hani (« Plutarque en face du dualisme iranien », REG 77, fasc. 366-368, 1964, p. 489-525 [p. 513]), ce serait une source privilégiée de Plutarque.
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Ce dernier est mentionné cinq fois dans le De Iside (cf. édition de Chr Froidefond, Index, p. 336).
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Voir P. W. Van der Horst, Chairemon, Egyptian Priest and stoic philosopher. The fragments collected and translated with explanatory notes (EPRO 101), Leyde, 1984 ; A. Barzanò, « Cheremone di Alessandria », dans Wolfgang Haase et Hildegard Temporini (éd.), Literatur der julisch-claudischen und der flavischen Zeit (Forts) (Aufstieg und Niedergang der Römischen Welt, II, 32/3), Berlin – New York: De Gruyter, 1985, p. 1981-2001.
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S.H. Aufrère, « Sous le vêtement de lin du prêtre isiaque, le philosophe. Le “mythe” égyptien comme sagesse barbare », dans S.H. Aufrère (éd.), Fr. Möri (coord.), Alexandrie la Divine. Sagesses barbares. Échanges et réappropriations dans l’espace culturel gréco-romain, Genève, 2016, p. 191-270 ; id., « Profils perdus de “hiérogrammates” de l’époque gréco-romaine : Manéthon et Chérémon », en cours ; id., « Les Hieroglyphica d’Horapollon niliaque, un héritage de la “philosophie” égyptienne au Ve siècle de notre ère ? », dans J.-L. Fournet (dir.), Les Hieroglyphica d’Horapollon de l’Égypte antique à l’Europe moderne histoire, fiction et réappropriation, Studia Papyrologica et Ægyptiaca 2, Paris, 2021, p. 63-85 [p. 73-77].
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Id., « Ce que Typhon dissimule, Isis le révèle. Étymologies allégoriques des noms de Typhon et d’Osiris dans le De Iside et Osiride de Plutarque », dans A. Zucker, Fr. Graziani (éd.), Mythographie de l’étranger dans la Méditerranée ancienne, Paris, 2018, p. 253-287.
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Ibid., p. 255-258.
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Ibid., p. 259-260.
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Ibid., p. 261-269.
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Ibid., p. 270-283.
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Ibid., p. 283-287.
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Id., « La traque dans les marais de Tjarou-Silé et la tempête du paléogolfe de Péluse d’après le Mythe d’Horus à Edfou », dans Fr. Colin, S. Donnat, Fr. Laroche-Traunecker, I. Régen (éd.), Au-delà de Karnak. Recueil d’études offert à Claude Traunecker (CENiM 36), Paris, 2023, p. 39-58 ; id., « An Example of Inter- and Metatextuality in the Great Text of Edfu. Etiological legends and excerpts of the Apollinopolite Religious Monograph », dans S.H. Aufrère, Ph. Alexander, Zl. Pleše (éd.). On the Fringe of Commentary. Metatextuality in Ancient Near Eastern and ancient Mediterranean Cultures (OLA 232), Louvain, 2014, p. 273-312. J’ai récemment étendu cette démarche dans un texte intitulé : « De Thot “Hermêneus” au Pseudo-Manéthon. L’éclosion d’une figure herméneutique et l’invention d’un lointain successeur humain », à paraître.
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Id., « Osiris-Nil, Isis-Terre versus Typhon-Mer. Hypothèses sur les boghaz des lacs littoraux, l’Ekrêgma et les “Expirations de Typhon” du lac Sirbonis », dans R. Lebrun, É. Van Quickelberghe (éd.), Dieu de l’orage dans l’Antiquité méditerranéenne. Actes du colloque international organisé à Louvain-la-Neuve les 5 et 6 juin 2015 par le Centre d’Histoire des Religions Cardinal Julien Ries (Homo Religiosus, série II, 17), Turnhout, 2017, p. 107-154.
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Dendara III, 54, 2-9 ; S. Sauneron, « Une page de géographie physique : le cycle agricole de l’Égypte », BIFAO 60, 1960, p. 11-17 ; S.H. Aufrère, « Osiris-Nil, Isis-Terre versus Typhon-Mer », p.114-119.
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Pour mémoire, on verra aussi l’article d’É. Guimet, « Plutarque et l’Égypte », Nouvelle Revue 110, 1898, p. 454-469, 637-652 (paru sous la forme d’une brochure de 35 pages) ; J. Hani, La religion égyptienne dans la pensée de Plutarque, Paris, 1976.
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Cette théorie est bien expliquée, dans le cadre de l’anthropologie, par J.-P. Olivier de Sardan, « Émique », L’Homme 38, no 1, 1998, p. 151-166.
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C’est le principe du kata to dynaton, « selon le possible ».
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Celle de l’édition de Chr. Froidefond (Plutarque, Œuvres morales, tome V – 2e partie : Isis et Osiris, Paris, CUF, 1988, p. 223) est la suivante : « D’une façon générale, les Égyptiens voient dans les animaux, les plantes et les événements dangereux et funestes l’œuvre, le domaine et les mouvements de Typhon. »
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Is. Os. 49, 371 B (p. 222, éd. Froidefond).
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Sur cette notion d’abjection, sinon de vice, voir S.H. Aufrère, « À propos de la polysémie du copte Sϫⲟⲟⲩⲧ (< ég. ḏwt). De l’infamie ou de l’abjection à la dépravation et de la réprobation à l’inaptitude », dans S.H. Aufrère, M. Mazoyer (éd.), De Hattusa à Memphis. Jacques Freu in honorem, Paris, 2013, p. 169‑192.
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On n’ose employer le terme de « parataxonomie » qui désigne un système de classement alternatif d’aujourd’hui.
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On renverra à quelques lectures au sujet des classifications d’Aristote : A. Regnier, Vies et visages de la Terre. Les théories géologiques de l’Antiquité. Histoire, Sorbonne Université, 2023 ; P. Pellegrin, La Classification des animaux chez Aristote. Statut de la biologie et unité de l’aristotélisme, Paris, 1982 ; L. Repici, « Le jardin des Parva naturalia : les Plantes chez Aristote et après lui », dans P.-M. Morel, Chr. Grellard (éd.), Les Parva naturalia d’Aristote, Paris, 2010, p. 31-45 ; A. Zucker, « Le mirage des classifications naturelles », Anthropozoologica 55, fasc. 14, 2020, p. 199-218 ; L. Rodrigue, « Taxonomie aristotélicienne des états moraux associés à la vertu de courage », Revue de philosophie ancienne 23, fasc. 1, 2015, p. 39-62.
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D. Meeks, « La hiérarchie des êtres vivants selon la conception égyptienne », dans A. Gasse, Fr. Servajean, Chr. Thiers (éd.), Et in Ægypto et ad Ægyptum. Recueil d’études dédiées à Jean-Claude Grenier (CENiM 5), vol. 3, Montpellier, 2012, p. 517-543.
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Voir par exemple le classement des djatfe dans S.H. Aufrère, « Les ϫⲁⲧϥⲉ (< ég. ḏdf.t) dans tous leurs états d’après les scalistes coptes. Livre des Degrés (chap. VI) et Scala magna (chap. XV). Chordata (Mammalia, Sauropsida et Amphibia), Arthropoda et Nematoda », dans N. Bosson, A. Boud’hors, S.H. Aufrère (éd.), Labor omnia uicit improbus. Miscellanea in honorem Ariel Shisha-Halevy (OLA 256), Louvain, 2017, p. 3‑92.
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Cette hétérogénéité apparente se trouve par exemple dans le Remplissage de l’œil Oudjat reproduit à plusieurs endroits du temple de Dendara, où des vecteurs divins — l’Ennéade élargie — apportent en parallèle, dans un mouvement ascendant, d’une part des plantes magiques destinées à protéger l’habitacle sélénien d’Osiris-Onnophris et d’autre part des minéraux précieux qui permettent d’accroître la luminosité de l’astre au moment où il culmine dans le ciel le 15e jour, avant qu’à son tour le porc de Seth, dans la phase décroissante, nuise, d’après une autre légende, à l’œil lunaire jusqu’à cécité complète d’Horus. S.H. Aufrère, L’univers minéral dans la pensée égyptienne, 2 vol. (BdE 105), t. I, Le Caire, 1991, p. 211-303.
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P. Barguet, « L’Obélisque de Saint-Jean-de-Latran dans le temple de Ramsès II à Karnak », ASAE 50, 1951, p. 269-280.
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S.H. Aufrère, L’univers minéral, I, p. 307-309 et fig. p. 308. Analyse dans id., Thot-Hermès l’Égyptien, Paris, 2007, p. 69-78.
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Id., « De l’influence des luminaires sur la croissance des végétaux. À propos d’une scène du papyrus funéraire de Nebhepet de Turin (ancienne collection Drovetti) », Memnonia VI, 1995, p. 113-121 ; id., L’univers minéral, I, p. 309.
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Ibid. I, p. 49-61.
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E. Panaite, « Attributs identitaires, marqueurs du pouvoir. Quelques aspects iconographiques du Protodynastique », EAO 89, 2018, p. 23-30.
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Il se peut que le silure soit le Malapterurus electricus Gmelin, 1789, susceptible de délivrer (pour un spécimen de 50 cm) une décharge de 350 V aux pêcheurs du Nil ; cf. J.-P. Pätznick, « Encore et toujours l’Horus Nâr-mer ? Pour une nouvelle proposition de lecture et d’interprétation de ce nom d’Horus », dans Mélanges de Dimitri Meeks – Verba manent, CENiM 2, Montpellier, 2009, p. 307-324.
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S.H. Aufrère, C. Spieser, « Exit la nèpe (Nepa cinerea L., 1758), introït le scorpion (Leiurus quinquestriatus Ehrenberg, 1828) mécompris de Serqet (Selkis) et la maîtrise du souffle », dans S.H. Aufrère, C. Spieser (éd.), Le microcosme animal en Égypte ancienne. De l’effroi à la vénération, OLA 297, Louvain – Paris – Bristol, 2021, p. 221-281.
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S.H. Aufrère, « Au pays de l’Œil d’Horus et de l’Œil d’Osiris ou l’Égypte comme regard du faucon divin I », dans M. Massiera, B. Mathieu, Fr. Rouffet (éd), Apprivoiser le sauvage, CENiM 11, Montpellier, 2015, p. 31-48.
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St. Hendrickx, M. Eyckerman, « Les animaux sauvages dans l’Égypte prédynastique », dans M. Massiera et alii (éd.), Apprivoiser le sauvage, op. cit., p. 197-210 [p. 201-204]. Il faudrait y ajouter le chien et d’autres animaux en position héraldique comme le lycaon (ibid., p. 202-203), l’oryx, la girafe.
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Cette notion est bien présente chez Plutarque, qui emploie jusqu’à 150 occurrences se rapportant à cette famille de mots : Chr. Bréchet, « Agriotès et civilisation chez Plutarque », dans M.-Cl. Charpentier (éd.), Les espaces du sauvage dans le monde antique, Besançon, 2004, p. 119-139.
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Pour en savoir davantage sur le rapport sauvagerie (neuf adjectifs synonymes) / domesticité (cinq adjectifs synonymes) à travers la richesse sémantique grecque, voir A. Zucker, « Classèmes relatifs à la sauvagerie et à la domesticité », Les classes zoologiques en Grèce ancienne, Aix-en-Provence, 2005, p. 111-123.
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Ibid., § 14.
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Ibid., § 14.
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Plutarque, Is. Os. 72 (379e-380c) (p. 241-242, Froidefond).
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LSJ, s. v. φύσις, II, 4b, notamment chez un fragment de Démocrite (DK 68 B278 = Stobée 4.23b.33) et Stobée 1.41.6 : Ταῦτα, ὦ τέκνον, οὐκ ἐπιστήμῃ οὐδὲ τέχνῃ ποιεῖ ἀλλὰ φύσει, « Cela, mon enfant, il ne l’accomplit ni par la science ni par l’art, mais par la nature » (une phrase attribuée à Hermès dans le texte).
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Plutarque, Is. Os. 73, 380c (p. 242, Froidefond).
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P. Robiano, « La représentation de Grecs d’Égypte à l’époque impériale : les Naucratites au miroir de Philostrate et d’Héliodore d’Émèse », REG 123, 2021, no 2, p. 541-572 [p. 546, 549-550, 559-560].
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Chr. Vendries, « L’âne et la musique dans l’Antiquité gréco-romaine : un paradoxe sonore », dans A. Gardeisen, Chr. Chandezon (éd.), Équidés et bovidés de la Méditerranée antique, Rites et combats. Jeux et savoirs, 2014, p. 235-246 [p. 235-236] : 1.1. Le braiment : un son puissant et désagréable qui évoque la trompette ; [p. 237-241] : 2.1. Le canon postérieur de l’âne : un os idéal pour les auloi ? On renverra également à id., « De l’âne philosophe à l’âne de la lyre », dans A. Gardeisen, E. Furet et N. Boulbes (éd.), Histoire d’équidés. Des textes, des images et des os, Lattes, 2010, p. 211-225.
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P. Robiano, art. cit., p. 559.
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A. Bélis, « Auloi grecs du Louvre », BCH 108, livraison 1, 1984, p. 111-122 ; ead., « Les fabricants d’auloi en Grèce : l’exemple de Délos », Topoi, 8/2, 1998, p. 777-790 ; V. Pirenne-Delforge, « Inventer et réinventer l’aulos : Autour de la 12e Pythique de Pindare », dans P. Brulé et Chr. Vendries (éd.), Chanter les dieux : Musique et religion dans l’Antiquité grecque et romaine : Actes du colloque des 16, 17 et 18 décembre 1999, Rennes et Lorient, 2001, p. 37-58.
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Emm. Caire, « Jouer de l’aulos à Athènes était-il politiquement correct ? », Pallas 95, 2015 (Sons et audition dans l’Antiquité), p. 57-72.
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H. Te Velde, Seth, God of Confusion. A Study of his Role in Egyptian Mythology, Leyde, 1967.
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D. Meeks, « Seth – De la savane au désert ou le destin contrarié d’un dieu », dans D. Meeks, Chr. Favart, Les dieux et démons zoomorphes et leurs territoires, Carnoules, déc. 1986, p. 1-51.
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Par exemple Fr. Servajean, « Lune ou soleil d’or ? Un épisode des Aventures d’Horus et de Seth (P. Chester Beatty I ro, 11, 1-13, 1) », RdE 55, 2008, p. 125-148.
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Ph. Derchain, « Bébon, le dieu et les mythes », RdE 9, 1952, p. 23-47 ; S.H. Aufrère, « À propos du chien Bébon, d’Anubis et de l’adultère », EAO 23, 2001, p. 23-28 ; U. Bianchi, « Seth, Osiris et l’ethnographie », RHR 179, no 2, 1971, p. 113-135 [p. 127, n. 1].
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Cet acteur de la religion égyptienne est étudié par M. Vandenbeusch, Sur les pas de l’âne dans la religion égyptienne, Leyde, 2020.
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Sur la symbolique de l’âne dans l’Antiquité, voir É. Wolf, « Miserandae sortis asellus (Ovide, Amores II, 7, 15) », Anthropozoologica 33-34, 2001, p. 23-28.
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Ibid., p. 24. D’ailleurs, selon M. Vandenbeusch, op. cit., p. 180 : « Si une femme rêve qu’elle enfante un âne, son enfant sera idiot » ; cf. ibid., p. 353 (doc. 9.55 : Copenhague, Université de Copenhague. P. Carlsberg XIV verso, f.330, IIe siècle apr. J.-C.).
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K. Klosse, « Les ânes dans l’Égypte ancienne », Anthropozoologica 27, 1998, p. 27-39.
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De robe beige, portant une tache noire à l’encolure, il a souvent les pattes zébrées. L’espèce a fait l’objet de nombreux travaux. Voir l’article très bien illustré de C.P. Groves, C. Smeenk, « The nomenclature of the African wild ass », Zool. Med. Leiden 81, 2007, p. 121-135. Et aussi S. Gippoliti, « The forgotten donkey’s history. Remarks on African wild asses of the Giardino Zoologico in Rome and their relevance for Equus africanus (von Heuglin & Fitzinger, 1866) taxonomy and conservation », Zool. Garten N.F., 2014, p. 1-9 ; M. Vandenbeusch, op. cit., p. 54-60.
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Plutarque, Is. Os. 30-31 368A-D (p. 203-204 Froidefond).
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Plutarque, Is. Os. 38 (365F-366C) (p. 210-211 éd. Froidefond).
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Plutarque, Is. Os. 13, 39 (366C-F) (p. 211-212 éd. Froidefond).
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Plutarque, Is. Os. 73 (380D) (p. 242, éd. Froidefond) ; p. 551-552, éd. Griffith ; Manéthon, frag. 84, éd. Müller.
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J. Yoyotte, « Héra d’Héliopolis et le sacrifice humain », Ann EPHE v, LXXXIX, 1980-1981, p. 31-185 ; id., Ann. EPHE 77, 1969‑1970, p. 190 ; M. Vandenbeusch, op. cit., p. 212, n. 30.
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Plutarque, Is. Os. 73 (380C) (p. 242 Froidefond).
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D. Huyge, « Detecting magic in Rock Art », dans H. Riemer, F. Förster, M. Herb, N. Pöllath (éd.), Desert animals in the eastern Sahara: Status, economic significance and cultural reflection in antiquity. Proceedings of an interdisciplinary ACACIA workshop held at the University of Cologne December 14-15, 2007, Colloquium Africanum 4, Köln, 2009, p. 293-307 [p. 296-298 et fig. 3].
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D. Huyge, « Detecting magic in Rock Art », p. 297, fig. 2. Voir aussi M. Vandenbeusch, op. cit., p. 49-50, 56-57.
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St. Hendrickx, W. Claes, « Hommage à Dirk Huyge », Archéo-Nil 28, 2018, p. 11-16.
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D. Huyge, « Detecting magic in Rock Art », p. 297 ; M. Vandenbeusch, op. cit., p. 59, 267. Je n’adhère pas forcément à l’idée de D. Huyge (« Cosmology, Ideology and Personal Religious Practice in Ancient Egyptian Rock Art », dans R. Friedman [éd.], Egypt and Nubia. Gifts of the Desert, Londres 2002, p. 192-206 [p. 199-202]) exposée sur les girafes et les ânes sauvages.
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M. Vandenbeusch, op. cit., p. 221-223, Le sacrifice de l’âne dans les temples ptolémaïques.
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St. Hendrickx, M. Eyckerman, « Les animaux sauvages dans l’Égypte prédynastique », dans M. Massiera et alii (éd.), Apprivoiser le sauvage, op. cit., p. 197-210 [p. 200-201], qui cite D. Huyge, « Detecting magic in Rock Art », p. 298-302 ; M. Vandenbeusch, op. cit., p. 180-183 : L’âne dans la documentation d’époque romaine.
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Ibid., p. 32-34.
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Ph. Derchain, « À propos d’une stèle magique du Musée Kestner, à Hanovre », RdE 16, 1964, p. 19-23 ; M. Vandenbeusch, op. cit., p. 177, fig. 75 ; p. 179. Voir aussi L. Klosse, art. cit., p. 36 et fig. 15. Sur les lézards, voir N. Guilhou, « Lézards et geckos en Égypte ancienne », IVes Rencontres archéozoologiques de Lattes, UMR 5140 - CNRS, Université Paul-Valéry Montpellier 3, 26 juin 2009, 25 pages ; S.H. Aufrère, « À propos des noms d’espèces appartenant au sous-ordre des Sauria (lézards) », dans St. Porcier, S. Ikram, St. Pasquali (éd.), Creatures of Earth, water and Sky, Leyde, 2019, p. 47-66.
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S.H. Aufrère, « Chasser, conjurer les “animaux venimeux” (ḏdf.t) et s’en protéger d’après le Papyrus Brooklyn 47.218.138. Notes de lecture », JSSEA 40, 2013-2014, p. 1-54 [p. 9-10, § 4.2e].
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Ibid., p. 10-11, § 4.2f.
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Cf. K. Klosse, art. cit., p. 37, fig. 18, où le roi massacre un âne devant Horus d’Edfou, le Harponneur. Sur la tortue, voir A. Gutbub, « La tortue animal cosmique bénéfique à l’époque ptolémaïque et romaine », dans Hommages à la mémoire de Serge Sauneron I : Égypte pharaonique, BdE 81/1, Le Caire, 1979, p. 391-435.
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Cf. K. Klosse, art. cit., p. 35, fig. 13 : Génie onocéphale momiforme tenant un lézard, chapelle de la tombe de Toutankhamon ; N. Guilhou, « Lézards et geckos en Égypte ancienne », p. 17-18, p. 25, fig. 16 ; S.H. Aufrère, « À propos des noms d’espèces appartenant au sous-ordre des Sauria (lézards)… ».
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K. Klosse, art. cit., p. 37, fig. 17 : Seth onocéphale, papyrus grec originaire du Fayoum ; M. Vandenbeusch, op. cit., p. 182, fig. 79 (P. Palau Ribes 3).
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Cf. S.H. Aufrère, « Ce que Typhon dissimule, Isis le révèle », p. 261-269. « Au cours du sacrifice qu’ils adressent au soleil, ils interdisent aux fidèles de porter sur eux des objets d’or et de donner à manger à un âne » (Plutarque, Is. Os. 30 362F (p. 203 Froidefond) ; M. Vandenbeusch, op. cit., p. 251). Voir aussi ibid., p. 252.
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Sur l’identité entre le lièvre et Seth, voir D. Meeks, « Seth », art. cit., p. 6 et n. 34.
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M. Vandenbeusch, op. cit., p. 253.
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É. Amélineau, Œuvres de Schenoudi. Texte copte et traduction française II, Paris, 1914, p. 405.
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On trouvera maintes informations sur le sujet dans S.H. Aufrère, N. Bosson, « Le vieux pied de vigne (la Synagogue des Juifs) versus le sarment marcotté (l’Église des Nations) dans le discours de Chénouté, Blessed Are They Who Observe Justice (ms. Ifao copte 1, f. 69r58–69v51 = p. 145–146) », dans A. Boud’hors, D. Brakke, A. Crislip, S. Moawad (éd.), The Rediscovery of Shenoute: Studies in Honor of Stephen Emmel, OLA 310, Louvain, 2022, p. 77-99.
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L’onagre est désigné en S par l’expression « âne sauvage », en B par « âne des montagnes », ⲓⲁ ⲛⲧⲟⲟⲩ.
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Couverture iconographique dans R.-A. Jean, « Clinique obstétricale égyptienne – XIX. Les annexes embryonnaires (7) Le placenta (3) Étude comparative animale », dans Histoire de la médecine en Égypte ancienne, Paris, 02 juillet 2018, p. 7-13 (https://medecineegypte.canalblog.com/pages/obstetrique---xix/ 36524823.html).
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S.H. Aufrère, « Dans les marécages et sur les buttes. Le crocodile du Nil, la peur, le destin et le châtiment dans l’Égypte ancienne », ENiM 4, 2011, p. 51-79.
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St. Hendrickx, M. Eyckerman, « Les animaux sauvages dans l’Égypte prédynastique », dans M. Massiera et alii (éd.), Apprivoiser le sauvage, p. 197-210 [p. 198].
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S.H. Aufrère, « Crocodiles sauvages / crocodiles apprivoisés dans l’Égypte de l’époque tardive », ENiM 17, 2024, p. 1-44 [p. 34, doc. 18 ; p. 38, doc. 19b]. Pour l’origine étiologique des hippopotames et des crocodiles, voir M. Alliot, Le culte d’Horus à Edfou, t. II (BdE 20), Le Caire, 1950, p. 713 : « Alors les ennemis s’en allèrent vers l’eau, et (y) devinrent crocodiles et hippopotames. » Pour les massacres conjoints de ces deux espèces, voir ibid., p. 713 (massacre de 651 bêtes), p. 722 (dito 142). Voir aussi S.H. Aufrère, « Et si on reparlait du crime d’Aphroditopolis. Réminiscences de mythologies régionales égyptiennes dans le De Iside et Osiride de Plutarque », RAnt 21, 2024, p. 43-100 [§ 1.2-1.3. La geste d’Horus à Edfou, p. 49-51 ; § 2.3.3 : Métamorphoses et productions divines, p. 57-59].
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Sur la chasse de l’hippopotame, voir É. Drioton, Le texte dramatique d’Edfou (CASAE 11), Le Caire, 1948.
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« On dit pour expliquer cette coutume que Typhon se changea en crocodile pour échapper à Horus », Plutarque, Is. Os. 50 371D (p. 223 Froidefond).
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S.H. Aufrère, « Appétit, pitié et piété. Crocodiles et serpents dans la littérature sapientiale de l’Égypte ancienne », EAO 66, 2012, p. 35-48 ; F. Naether, « Representations of the Crocodile in Egyptian Literary Texts », dans J.-Ch. Coulon, K. Dosoo (éd.), Magikon zōon. Animal et magie dans l’Antiquité et au Moyen Âge, Paris, 2022, p. 161-202.
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Cf. Fr. Rouffet, infra.
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P. Vernus, « Ménès et Achtoès, l’hippopotame et le crocodile. Lecture structurale de l’historiographie égyptienne », dans E. Graefe, U. Verhoeven (éd.), Religion und Philosophie im Alten Ägypten. Festgabe für Philippe Derchain (OLA 39), Louvain, 1992, p. 331-340.
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A. Roche, « Et le roi tua l’hippopotame. Enquête sur les origines d’un rite égyptien », Archimède Archéologie et histoire ancienne 1. Dossier Archéologie du rituel. Automne 2014, p. 71-87.
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Ibid., p. 74, fig. 1.
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Ibid., p. 71.
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S.H. Aufrère, « Recherches sur les interdits religieux des régions de l’Égypte ancienne d’après les encyclopédies sacerdotales », Droit et Culture 71, fasc. 1, 2016, p. 15-41.
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D’ailleurs, considérée comme un corps étranger (A. Piganiol, « Le Statut Augustéen de l’Égypte et sa destruction », dans Septième congrès international de papyrologie, Genève 1952 (= Museum Helveticum 10, nos 3-4, 1953), p. 193-202), l’Égypte, ajoutée à l’Empire romain (Res gestae divi Augusti, 27 : « J’ai ajouté l’Égypte à l’Empire du peuple romain »), fait l’objet de ce jugement dépréciatif prêté à Auguste selon Tacite (Annales II, 59, 3) : « une province à l’accès difficile, riche en blé, portée par des superstitions et le relâchement des mœurs, à la discorde et à la mobilité, ignorante des lois, sans expérience des magistrats » (Provinciam aditu difficilem, annonae fecundam, superstitione ac lascivia discordem et mobilem, insciam legum, ignaram magistratuum).
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Pour envisager un lien quasi contemporain entre le saurien et la reine, la peinture murale évoquant la mort de la reine par le poison à Pompéi dans la Maison de Giuseppe II, montre sur la gauche un personnage qui s’approche en tenant un crocodile muselé d’une main ferme.
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Horace, Carmina I, 37, v. 21-23, Rudd, Loeb : « afin d’enchaîner le monstre fatal. Celle-ci, souhaitant périr avec dignité, ne craignit pas l’épée (ensis) à l’instar des femmes » (daret ut catenis / fatale monstrum. Quae generosius / perire quaerens nec muliebriter / expavit ensem).
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À la façon d’un crocodile, peut-être même comme l’animal attaché à Dendara, le temple avec le clergé duquel Aulète et sa fille ont établi des liens étroits et durables. Sur le crocodile vénéré à Dendara, voir Fr. Daumas, « Le crocodile à Dendara », dans F. Steppat (éd.), XXI. Deutscher Orientalistentag : vom 24. bis 29. März 1980 in Berlin ; Vorträge, Wiesbaden, 1983, p. 87-95. Voir aussi, sur le lien d’Aulète et de Cléopâtre avec Dendara, S. Cauville, « D’Edfou à Dendara : Cléopâtre et son père », dans S.H. Aufrère, A. Michel (éd.), Cléopâtre en abyme. Aux frontières de la mythistoire et de la littérature, Paris, 2018, p. 173-190.
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Ce que l’on observe, c’est que l’Égypte est, d’un point de vue numismatique, réduite à ses deux espèces nilotiques sauvages les plus dangereuses, alors qu’on sait que les attitudes des riverains vis-à-vis d’elles sont paradoxales : vénérées dans une section du Nil, ces deux espèces peuvent être détestées ailleurs selon une tradition africaine partagée. Cela est vrai des crocodiles (S.H. Aufrère, « Crocodiles sauvages / crocodiles apprivoisés dans l’Égypte de l’époque tardive. Croyances régionales et interdits », ENiM 17, 2024, p. 1-44) et des hippopotames. On verra également P. Wilson, « Slaughtering the crocodile at Edfu and Dendera », dans St. Quirke (éd.), The temple in Ancient Egypt : new discoveries and recent research, Londres, 1997, p. 179-203. D’ailleurs, les interdits de nomes prescrivent de ne pas toucher au crocodile dans certaines parties de l’Égypte, en Basse-Égypte, dans le XIe nome et dans deux nomes supplémentaires ; cf. S.H. Aufrère, « Recherches sur les interdits religieux », Droit et Culture 71, fasc. 1, 2016, p. 15-41 [§ 15 : tableau].
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L. Keimer, « Remarques sur le porc et le sanglier dans l’Égypte ancienne », BIdE 19, fasc. 2, 1936, p. 147-156.
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Ph. Derchain, Le sacrifice de l’oryx, Rites égyptiens 1, Bruxelles, 1962.
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S.H. Aufrère, « La crue du Nil et les oiseaux migrateurs descendant du Nord », dans M. Mazoyer (éd.), L’Oiseau. Entre ciel et terre, Paris, 2005, p. 35-48.
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N. Guilhou, « Rituel funéraire au Moyen Empire : l’ouryt et la lutte contre les insectes nécrophages », Bulletin du Cercle Victor Loret 8, 1994, p. 25-34 [p. 28] ; S.H. Aufrère, « Le “Moustique” d’Hérodote (Hist. 2, 95). Un diptère (moustique, phlébotome) importun, vecteur de maladies parasitaires mortelles », dans S.H. Aufrère, C. Spieser (éd.), Le microcosme animal en Égypte ancienne. De l’effroi à la vénération (OLA 297), Louvain – Paris – Bristol, 2021, p. 175-193 ; Th. Bardinet, « Quelques insectes de l’Égypte ancienne », dans Fr. Collard, E. Samama (éd.), Poux, puces, punaises. La vermine de l’homme. Découverte, descriptions et traitements Antiquité, Moyen Âge, Époque moderne, Paris, 2015, p. 61-68.
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CT I, 215f-216a.
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J. Vandier, Le Papyrus Jumilhac, Paris [1963], p. 81-83.
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Ibid., p. 18 ; p. 194, n. 197.
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Ibid., p. 81-82.
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S. Sauneron, Un traité égyptien d’ophiologie, BiGe XI, Le Caire, 1989, p. 20 (§ 24).
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Ibid., p. 27 (§ 31).
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Ibid., p. 28 (§ 32) : « Le blessé ne meurt pas. »
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Ibid., p. 31 (§ 34).
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S. H. Aufrère, JSSEA 40, p. 52, § 8.4 (= Goyon, P. Brooklyn § 53, x + XVII, 5-6 ; p. 125-126).
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Il existe une divinité nommée « Ba-de-Seth » (Chr. Leitz [éd.] Lexikon II, 667a), mais celle-ci ne fait pas sens.
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Horapollon, Hieroglyphica I, 7.
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Le nom est « properisé » (anglais properized) comme ceci : « Venin » ; cf. S.H. Aufrère, JSSEA 40, p. 7‑8, § 4.2b.
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On verra l’image proposée par Chénouté dans É. Amélineau, Œuvres de Chénouté I, p. 319. Voir aussi la comparaison du souffle venimeux du serpent avec celui du démon sur la Chrétienté : S.H. Aufrère, « La description de Naja Nigricollis nigricollis (Naja à col noir) chez Chenouté », Études coptes X. Douzième journée d’études (Lyon, 19-21 mai 2005) (CBC XVI), Paris, 2008, p. 215-228.
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Dès l’époque prédynastique, on le reconnaît — comme d’autres animaux — à son aspect non réaliste avec les oreilles non pas pendantes mais pointant au-dessus de la tête ainsi que le décrit l’archéologue Francis D. Lankester, « Predynastic Egyptian rock art as evidence for early elites’ rite of passage », Cahier « Archéologie et art de la vallée du Nil à l’Holocène moyen » 12, 2016, p. 81-92 [§ 12] : « Often the animals are portrayed very unrealistically: elephants with ears above the head, asses with free-flowing manes, ibex with exaggeratedly long horns, and giraffe with elongated hooves and tufted tails. » Les spécialistes de la question ont repéré deux types de L. africana classés, d’après la forme des appendices auriculaires, comme type A — Mickey Mouse (comprendre : « à oreilles de Mickey ») — et type B — butterfly eared (dito : « à oreilles en forme d’ailes de papillon ») —, dans une région qui s’étend de Mostagedda (10 km au sud d’Assiout) au nord jusqu’au sud de Hiéraconpolis, voire au-delà d’Assouan, plus au sud. Ces deux types, contemporains des époques de Nagada I-II (3900-3300 av. J.-C.) — il a disparu sous Nagada III (3300-3150) —, font figure de marqueurs d’identités culturelles régionales. Sur ces types d’éléphants, voir A. Brémont, « Des éléphants, des hippopotames et des mouflons », Archéo-Nil 28, 2018, p. 69-98 [p. 72-75 ; p. 81, fig. 6, qui présente le toupillon de la queue] ; ead, Les pétroglyphes des déserts égyptiens. Des animaux entre nature et culture ? De la période de Badari aux premières dynasties (ca. 4500-3000 av. J.-C.), vol. I, Paris IV-Sorbonne, 2014-2015, p. 31, 141-146, 246-247. A.M. Judd, Petroglyphs of the Eastern Desert of Egypt: content, comparison, dating and significance, University of Liverpool, December 2008, Revised March 2009, p. 27-30. Voir aussi N. Manlius, « L’éléphant égyptien », Toutânkhamon 39, 2015, p. 48-53. La démonstration est de même ordre que pour celle de la représentation du scorpion archaïque qui sert à écrire le nom de la déesse Serqet (= Selkis). Même encore en 200 av. J.-C., de l’époque pré-axoumite, un pétroglyphe représente un éléphant au corps maigre et sans oreilles apparentes ; cf. Y. Hagos, Y. Yacob, M. Ghebrehiwet, J. Shoshani, « The elephants (Loxodonta africana) of Gash-Barka, Eritrea: Part 1. Historical perspective and related findings », Pachyderm 34 January–June 2003, p. 13-23 [p. 16, fig. 2].
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A. Brémont, « Un éléphant, ça trompe énormément… Animal fantastique ou perte de référent de Loxodonta africana en Égypte (IVe-IIIe millénaires) », dans E. Paillet, M. Sepulveda, E. Robert, P. Paillet et N. Mélard (éd.), Caractérisation, Continuités et Discontinuités des Manifestations graphiques des sociétés préhistoriques. Proceedings of the XVIII UISPP World Congress (4-9 June 2018, Paris, France) vol. 3, Session XXVIII-4, Oxford, 2020, p. 93-110. — Quelque chose de semblable s’est produit, à une échelle minuscule, pour la représentation archaïque du scorpion (Leiurus quinquestriatus Ehrenberg, 1828) identifié à une nèpe (Nepa cinerea L., 1758) ; cf. S.H. Aufrère, C. Spieser, « Exit la nèpe (Nepa cinerea L., 1758), introït le scorpion (Leiurus quinquestriatus Ehrenberg, 1828) », dans S.H. Aufrère, C. Spieser (éd.), Le microcosme animal en Égypte ancienne. De l’effroi à la vénération (OLA 297), Louvain – Paris – Bristol, 2021, p. 221‑281.
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B. Midant-Reynes, « Flinders Petrie (1853-1942). L’inventeur du prédynastique », Archéo-Nil. Revue de la société pour l’étude des cultures prépharaoniques de la vallée du Nil 17, 2007. Portraits. Les pionniers de la préhistoire en Égypte, p. 57-68.
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Voici une liste de quelques-uns de ces objets les plus connus : Brooklyn Museum, Charles Edwin Wilbour Fund, 1935, inv. 35.1270 (ivoire et fritte) ; Musée Rodin, Paris, inv. Co. 2355 (cristal de roche) ; Ägyptisches Museum, Berlin, inv. ÄM 14964 (ivoire) ; Metropolitan Museum (New York), inv. 59.1011 (serpentine, os) ; Yale Art Gallery, inv. 2007.207.2 (calcite) ; The Cleveland Museum of Art, Fonds John L. Severance (amethyst) ; etc.
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S.H. Aufrère, « Notes et remarques concernant l’univers végétal I », ERUV III, p. 333-348 [p. 338‑340 : Abattage et rites d’abattage des arbres].
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Cf. id., « La destruction des arbres et des cultures des villes à l’occasion d’un siège, le saccage des récoltes et du couvert végétal lors des guerres », ERUV III, 2005, p. 49-58.
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Exemples donnés dans ibid., p. 50, 54-55, 57.
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Cf. J. Prawer, Histoire du royaume latin de Jérusalem. Tome second : Les croisades et le second royaume latin, Paris, 2001, p. 137 et 324 (aux environs d’Ascalon).
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Sur les arbres d’Osiris, voir P. P. Koemoth, Osiris et les arbres. Contribution à l’étude des arbres sacrés de l’Égypte ancienne, AegLeod 3, Liège, 1994.
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Voir J. Rizzo, « Jardins des délices, jardins de la misère », ERUV III, 2005, p. 3-20 [p. 15].
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S.H. Aufrère, « Les végétaux sacrés de l’Égypte ancienne d’après les listes géographiques », ERUV I, 1999, p. 121-207 [p. 180].
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Ibid., p. 156-157, 164-165, où le présent passage est cité.
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Cf. H. Cuvigny, G. Wagner, « Défense d’entrer ! À propos d’une inscription grecque d’Égypte », BIFAO 85, 1985, p. 89-93 [p. 91 IG Fayoum I, 18]. Les auteurs n’excluent pas qu’il s’agisse d’une mesure de préservation des ressources.
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Plutarque, Is. Os. 21 (359 C) (p. 195 Froidefond). Il est également question du lin qu’on déchire et de l’offrande des libations.
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Vit. Pyth., 39.
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S.H. Aufrère, « Phytopoïèse, mythes étiologiques et efficience des simples en tant que fluides divins en Égypte ancienne », dans A. Ricciardetto, N. Carlig, Nocchi Macedo, M. de Haro Sanchez (éd.), Le médecin et le livre. Hommages à Marie-Hélène Marganne, Lecce, 2021, p. 173-208 [p. 182-185].
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BNF Suppl. Grec. 574 ; PGM IV : S.H. Aufrère, « Le rituel de cueillette des herbes médicinales du médecin égyptien traditionnel d’après le Papyrus Magique de Paris », ERUV II, 2001, p. 331-362.
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J. Vandier, Le Papyrus Jumilhac, Paris, 1961, p. 114.
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S.H. Aufrère, « An Example of Inter- and Metatextuality in the Great Text of Edfu » (cf. supra, n. 12).
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Mon relecteur me suggère, avec raison, de faire état du Vulture Text du Livre de Thot de l’article de C. Leitz, « Die Geierweibchen des Thotbuches in den 42 Gauen Ägyptens », RdE 63, 2012, p. 129-185.
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S.H. Aufrère, « Djaret, la pulpe de coloquinte ou de caroube ? », BIFAO 83, 1983, p. 28-31 [p. 29] ; id., Hermès-Thot, p. 83-86 ; id., JSSEA 40, 2013-2014, p. 39-40.
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Voir H. Junker, « Vorschriften für den Tempelkult in Philä », Analecta Biblica 12 (= Studia Biblica et Orientalia, vol. III : Oriens Antiquus), Rome, 1959, p. 151-160 ; S.H. Aufrère, « Remarques au sujet des végétaux interdits dans le temple d’Isis à Philae », BIFAO 86, 1986, p. 1-32 [p. 11-18] ; M. Gabolde, D’Aton à l’Abaton, Mémoire de synthèse en vue de l’habilitation à diriger des recherches, 2e partie, p. 70, 95.
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S.H. Aufrère, « Remarques », p. 31.
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Calendrier du Caire : Abd El-Mohsen Bakir, The Cairo Calendar, Le Caire, 1966 ; C. Leitz, Tagewahlerei : Das Buch ḥȝt ḥḥ pḥwj ḏt und Verwandte Texte, Wiesbaden, 1994.
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Sur Seth eunuque, voir Fr. Jonckeere, « L’eunuque dans l’Égypte pharaonique », RHS 7, 1954, p. 139-155 [p. 152-153]. Sur les eunuques en général, voir G.E. Kadish, « Eunuchs in Ancient Egypt ? », Studies in Honor of John A. Wilson, Chicago, 1969, p. 55-62 ; M. Depauw, « Notes on Transgressing Gender Boundaries in Ancient Egypt », ZÄS 130, 2003, p. 49-59 ; V. Altmann, « Die Kultfrevel des Seth », Studien zur Spätägyptischen Religion 1, 2010, p. 78-79. Voir aussi J. Rizzo, « Nhr, un surnom à caractère sexuel du dieu Seth ? », CENiM 7, 2014, p. 221-228.
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H. Junker, art. cit.
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Plutarque, Is. Os. 30, 362, F (éd. Froidefond, p. 203). Voir S. Sauneron, « Pourquoi la trompette est-elle interdite dans certains temples ? », BIFAO 64, 1966, p. 2-4 ; M. Vandenbeusch, op. cit., p. 198, n. 9 ; p. 250. Mais voir ibid., p. 234 : « Ainsi, si la trompette devait être prohibée dans des lieux sacrés, il n’y a qu’un pas jusqu’à supposer que cette interdiction découle de l’association entre l’âne et Seth. »
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S.H. Aufrère, « Interdits », § 14. Sur l’objet de Berlin, voir H. Hickmann, La trompette dans l’Égypte ancienne (CASAE 1), Le Caire 1946, p. 15-16 et fig. 22.
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Voir S.H. Aufrère, « Parfums et onguents liturgiques. Présentation des recettes d’Edfou », ERUV III, p. 213-261 [p. 254].
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Loc. cit.
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Loc. cit.
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Ibid., p. 255.
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Ibid., p. 254-255.
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Ibid., p. 254, 257.
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Ibid., p. 255.
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Ibid., p. 254.
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Loc. cit.
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Ibid., p. 255.
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Ibid., p. 259. Je renvoie également à id., « Egyptian myths and trade of perfumes and spices from Punt and Africa », dans I. Incordino, P.P. Creasman (éd.), Flora trade between Egypt and Africa in Antiquity Proceedings of a conference held in Naples, Italy, 13 April 2015, Oxford, 2017, p. 1-16 [p. 5-6].
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Id., « Au pays de l’Œil d’Horus et de l’Œil d’Osiris comme regard du faucon divin I », dans M. Massiera et alii (éd.), Apprivoiser le sauvage, op. cit., p. 31-48.
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Id., « Egyptian myths and trade of perfumes », p. 7-9.
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Id., « Parfums et onguents liturgiques », p. 256 (deux fois).
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Ibid., p. 256.
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Loc. cit.
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Loc. cit.
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P.P. Koemoth, « Les plantes médicinales en Égypte pharaonique : du mythe à la médecine » [février, 2010] (https://culture.uliege.be/jcms/prod_195168/fr/les-plantes-medicinalesen-egypte-pharaoniquedu-mythe-a-la-medecine?part=2) : « Notons que la mention d’une cuisson suivie de la réalisation d’une composition homogène reflète déjà des connaissances en matière de formulation, encore que celles-ci ne fussent qu’un héritage de la cosmétologie sacrée. Relevons aussi les variétés de teinte rose ou rousse et à odeur nauséabonde de résines à usage rituel, considérées comme issues de l’œil de Seth et préconisées contre les maladies anales. Cet usage rappelait les pratiques homosexuelles de ce dieu maléfique et violent qui ne risquait pas d’importuner quelqu’un qui s’était prémuni en s’enduisant d’un produit venant de lui, à l’image des encadrements de porte des temples faits en bois rouge séthien, ce qui immunisait ces derniers contre les visites malveillantes de cet ennemi mortel d’Osiris. Les références mythiques feraient presque sourire dans ces cas... »
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S.H. Aufrère, « Parfums et onguents liturgiques », p. 256-259.
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Ibid., p. 257.
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On peut renvoyer à Fr. Rouffet, « Le rituel magique égyptien comme image du tribunal », Droit et Culture 71, 2016, p. 163-178. Il renvoie à O. DeM 1213, l. 3-8 et P. Chester Beatty V [3], vo 5, 4-6, 3.
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Ibid., p. 257.
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Loc. cit.
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Loc. cit.
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J. Vandier, Le Papyrus Jumilhac, p. 114. Sur des aspects de la légende, voir S.H. Aufrère, Thot-Hermès, p. 80-83 et passim.
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On trouvera le résumé des interactions dans ibid., p. 90-91 ; J. Vandier, op. cit., p. 114.
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S. Larréché, G. Mion et M. Goyffon, « Troubles de l’hémostase induits par les venins de serpents », Annales françaises d’anesthésie et de réanimation 27, no 4, 2008, p. 302-309.
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A. Verse, Manuel de magie égyptienne. Le Papyrus magique de Paris, Paris 1995, p. 87.
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M.-H. Marganne, « Les recettes d’encre rouge dans les papyrus magiques grecs », p. 327-348 [p. 332‑333]. Sur la nature de cette ocre rouge de Typhon, voir surtout l’intéressant commentaire de la n. 27 aux p. 332-333.
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J. Vandier, op. cit., p. 138.
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S.H. Aufrère, JSSEA 40, p. 27-28, § 5.5.
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Id., « Les végétaux sacrés », ERUV I, 1999, p. 183-186 ; id., Thot-Hermès, p. 91, 165 ; P.P. Koemoth, Osiris et les arbres, p. 182 ; I. Régen, « À propos d’une mention de l’arbre ârou dans le chapitre 151 A du Livre des Morts », ERUV II, 2001, p. 299-317.
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J. Yoyotte, « Apophis et la Montagne Rouge », RdE 30, 1978, p. 147-150 ; S.H. Aufrère, Univers minéral II, p. 698-699 ; id., Thot-Hermès, p. 174, et n. 331.
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Id., « Parfums », p. 238-240.
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Seth peut se métamorphoser en taureau de Basse-Égypte, cf. Blackman, Fairman, « The myth of Horus at Edfu », JEA 30, 1944, p. 6.
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V. Loret, « Deux racines tinctoriales de l’Égypte ancienne », Kêmi 3, 1930, p. 23-32 ; J.-Cl. Goyon, « Note pour servir à la connaissance des procédés tinctoriaux de l’ancienne Égypte », dans Livre du Centenaire de l’IFAO 1880-1981, MIFAO CIV, Le Caire, 1980, p. 25-35.
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S.H. Aufrère, « Parfums », p. 239 ; id., « Phytopoïèse », p. 190.
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Les fleurs de l’orcanette sont céruléennes.
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Cf. id., « Osiris-Nil, Isis-Terre versus Typhon-Mer », p. 110-111, 138-139, 142-143.
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Ibid., p. 136-143.
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Cf. supra, n. 20.
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Fr. Servajean, « Lune ou soleil d’or ? Un épisode des Aventures d’Horus et de Seth (P. Chester Beatty I ro, 11, 1-13, 1) », art. cit.
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On renverra à B. Menu, Maât. L’ordre juste du monde, Paris, 2005.
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S.H. Aufrère, « Deux coutumes égyptiennes relatives à la femme mariée. À propos de Diodore I, lxxxviii, 4-5 », EAO 20, février 2001, p. 33-40 ; id., « À propos du chien Bébon, d’Anubis et de l’adultère », ibid. 23, novembre 2003, p. 23-28. Voir aussi A. Burton, Diodorus Siculus Book I. A Commentary (EPRO 29), Leyde, 1972, p. 231.
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R. Parkinson, « ‘Homosexual’ desire and Middle Kingdom literature », JEA 81, 1995, p. 57‑76 ; B. Schukraft, « Homosexualität im Alten Ägypten », SAK 36, 2007, p. 307-313. On les retrouve dans le monde copte ; cf. H. Behlmer, « Koptische Quellen zu (männlicher) “Homosexualität” », SAK 28, 2000, p. 27-53 ; S.H. Aufrère, « Au sujet de ms. copte Ifao I, 7r 34-37. Chénouté : rêves, démon et psychanalyse », dans A. Boud’hors, C. Louis (éd.), Études coptes XI, Treizième journée d’études (Marseille, 7-9 juin 2007), CBC 17, Paris, 2009, p. 1-17 ; C.T. Schroeder, « Prophecy and Porneia in Shenoute’s Letters: The Rhetoric of Sexuality in a Late Antique Egyptian Monastery », JNES 65, no 2 (April 2006), p. 81-97 ; U. Matić, Sexuality in Ancient Egypt: Pleasures, Desires, Norms, and Representations, Cambridge, 2024.
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B. Mathieu, « Seth polymorphe : le rival, le vaincu, l’auxiliaire », ENiM 4, 2011, p. 137-158.
Citer cet article
Aufrère, S. H. 2026. Le prisme typhonien : faune, flore, minéraux et passions nuisibles d’après Plutarque (Isis et Osiris, 50). Bibliothèque ouverte d’égyptologie 2026/4. Montpellier : Bibliothèque ouverte des mondes anciens, 49 p. 10.5281/zenodo.22730318